Le confinement vu des Marolles

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J’ai la chance de pouvoir vivre le confinement dans plusieurs quartiers de Bruxelles. Enfin la chance, tout cela est une manière de voir les choses. Après m’être expatriée à Uccle deux semaines pour cause de santé, me voilà de retour dans mes pénates, à la rue Haute, au coeur des Marolles.

Un des plus vieux quartiers de notre région qui pulse autour de la Place du Jeu de Balle.

Celle-ci abrite le Vieux marché, une institution pour les bradeurs et les brocanteurs depuis toujours. Les touristes s’y intéressent aussi, ne fut-ce que pour l’évocation des planches de la bande dessinée nationale qu’est Tintin dans le Spectre d’Ottokar.

Certains vous diront même qu’il s’est trop professionnalisé et qu’il devient difficile d’y faire des affaires.

Qu’importe cette place vivante par ces visiteurs, marchands, l’odeur du boudin grillé, le bourdonnement des négociations intempestives, les claquements sur les pavés ancestraux d’habitude si vivant est aujourd’hui bien morne.

Comme me l’ont signalé mes voisins : « C’est historique : c’est la première fois en 100 ans qu’il n’y a pas de marché. »

Alors que nous avons l’habitude de tailler une bavette avec l’un.e ou l’autre que nous reconnaissons, les passants se croisent, se sourient parfois mais en gardant la distance réglementaire. Rares sont ceux et celles qui s’hasardent à s’arrêter et à boire un verre à l’improviste au stamcafé du coin. De toute façon, ils sont fermés, tous les cafés, qu’ils soient populaires ou pas. C’est déjà cela, une sorte d’égalité règne entre les établissements dans ce quartier qui a tendance à se hypiser par vague avec des commerces pas toujours adaptés à la population. Mais voilà, cette dernière change aussi avec le temps : je l’ai bien observé depuis vingt ans.

Et quelque part ce silence qui règne sonne le glas temporairement de ce village de gaulois qui a son propre journal, le Pavé des Marolles, et une vie de quartier marquée sous le signe de la résistance.

Peu de badauds, vitrines grillagées, seuls quelques commerces alimentaires restent ouverts. Même mon point Bpost a été forcé de fermer par ordre de police, probablement pas considéré comme assez essentiel : mon colis est là à l’abri des volets baissés, inaccessible.

Les files se forment sur les trottoirs devant la boulangerie, le boucher, le Proxy Delhaize, bien disciplinées sans la tenue de guerre contre le COVID19 que sont les gants et les masques.

L’air est à la résignation sans panique. Que mon quartier est devenu triste. Son âme s’est recluse.

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Après Les Marolles, votre commune/quartier ?

En ces temps quelque peu moroses, alors que nous sommes tous confinés, l’équipe de BXLBLOG a décidé d’écrire. Sur l’ambiance qui règne dans nos belles communes bruxelloises, sur les gens… On a donc commencé par Koekelberg, Watermael-Boitsfort, Uccle, Jette, Laeken, Bruxelles, Forest, Auderghem, Ixelles, Schaerbeek, Evere et maintenant Les Marolles et on essaiera de le faire pour les 19 communes. On essaiera car on n’est pas présents dans toutes les communes.

D’ailleurs, si tu habites une des dix-neuf entités, que tu as envie de raconter ce qu’il se passe tout près de chez toi quand tu sors faire tes courses : WELCOME. Un petit mail et c’est parti!

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Je suis assez âgée pour avoir connu l'époque sans GSM et sans Internet. Juste que maintenant je ne peux pas me passer ni de l'un ni de l'autre. Je n'ai pas toujours vécu à Bruxelles mais c'est dans cette ville que mes parents qui viennent d'endroits fort éloignés sur le globe ont choisi un jour de s'installer. Ils n'y sont plus mais moi j'y suis restée.

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