Vivre le confinement à Forest

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Forest, jeudi matin, je décide de sortir de mon isolement. Je le fais pour un motif valable évidemment : J’ai besoin de pain. Je descends l’avenue jusqu’à ma boulangerie habituelle située deux pâtés de maisons plus loin. Étonnamment, c’est fermé. Sur le volet baissé, une feuille A4 est collée avec un message adressé à la clientèle. La situation sanitaire les a amenés à ne plus ouvrir tant que le confinement est demandé par les autorités. C’est vrai que, lors de mon dernier passage ici, en fin de semaine dernière, ils n’acceptaient déjà qu’un client à la fois et on faisait la queue sur le trottoir. On ne faisait quand même pas la file bien longtemps alors que cet établissement est très fréquenté tout au long de la journée en temps normal.

Du coup, je poursuis ma route pour descendre jusqu’au Carrefour Express situé sur un coin de rue un peu plus bas. Là aussi, on attend son tour dehors. Le gérant ne laisse entrer que 3 à 4 clients simultanément. Quand une personne sort, une autre peut entrer. Ce magasin de quartier semble aussi sollicité que les grandes surfaces à la veille de l’annonce du confinement. De nombreux produits manquent à l’appel. Moi qui suis fada de chocolat, il ne restait plus aucune crème dessert. Je me suis rabattu sur des fromages frais aux fruits. Allez, c’est pas plus mal pour ma ligne. J’en profite pour embarquer deux bouteilles de soda dans mon cabas. Je ne vais quand même pas prendre ma voiture pour aller acheter un pack de six ailleurs.

À la caisse, je me tiens à distance de la dame qui me précède. Il faut dire que, cachée derrière son écharpe, son regard était un peu menaçant. Elle semblait craindre que je n’approche un peu trop. À mon tour maintenant de présenter mes articles. Je n’ai pas réussi à décrocher le bonjour du caissier malgré mon sourire et ma courtoisie. Le son de sa voix était peut-être atténué par le masque chirurgical qu’il porte. Il n’a sans doute pas entendu les nombreux messages des scientifiques qui expliquent que ça ne sert à rien, que seuls les fameux masques FFP2 peuvent nous préserver du virus. Le temps de me faire cette réflexion et je réglais déjà mes courses. Une fois dehors, ayant manipulé des produits, j’étale illico sur mes mains quelques gouttes de la solution hydro-alcoolique préparée par mon pharmacien.

forestApprochant de chez moi, je remarque que le parc de Forest est bien moins animé que ces derniers jours. Il est pourtant baigné par les rayons d’un soleil radieux. Les promeneurs respectent plutôt bien les nouvelles règles obligeant à emprunter les chemins et à ne plus aller sur les pelouses. Un tram arrive. Trois personnes à son bord, à bonne distance les unes des autres. C’est sûr, la population semble avoir bien intégré les recommandations nécessaires au bien-être de tous, pour ne pas dire à notre survie. Il faut dire que tous les panneaux publicitaires ne font plus l’éloge de marques ayant déboursés des sommes folles pour s’afficher. Ils arborent désormais des messages de sensibilisation en français, néerlandais et anglais.

Me voilà déjà sur le pas de la porte de mon immeuble. Avant de remonter, je jette un oeil par sécurité sur ma voiture garée un peu plus loin et qui n’a pas bougé depuis deux semaines. Je regarde l’heure. Je suis parti depuis 21 minutes, le strict nécessaire pour ces quelques courses, suffisamment pour m?aérer et me dégourdir les jambes. Elles ont tendance à rouiller, immobiles sous mon bureau. Depuis le début du confinement, j’enchaîne les workshops en ligne et autres webinaires gratuits. L’adaptation de mes cours présentiels en formation à distance me prend beaucoup de temps aussi mais je ne veux pas laisser mes étudiants sur le carreaux. Même sans sortir de chez moi, ma vie est bien chargée et l’agenda bien rempli. Je ne vais pas me plaindre. J’ai déjà plusieurs fois essayé d’imaginer comment on aurait vécu ça, sans nos outils technologiques, il y a 20 ou 30 ans. Là, je me rappelle qu’Anne Franck a vécu cachée dans un grenier exigu pendant deux ans?

Un post proposé par Emilien OLIVIER. Merci ;-)

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Après Forest, votre commune/quartier ?

En ces temps quelque peu moroses, alors que nous sommes tous confinés, l’équipe de BXLBLOG a décidé d’écrire. Sur l’ambiance qui règne dans nos belles communes bruxelloises, sur les gens… On a donc commencé par Koekelberg, Watermael-Boitsfort, Uccle, Jette, Laeken, Bruxelles et maintenant Forest et on essaiera de le faire pour les 19 communes. On essaiera car on n’est pas présents dans toutes les communes.

D’ailleurs, si tu habites une des dix-neuf entités, que tu as envie de raconter ce qu’il se passe tout près de chez toi quand tu sors faire tes courses : WELCOME. Un petit mail et c’est

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