Le confinement à Evere

2
1556
Evere

Je vis depuis près d’un mois dans le quartier Place de la Paix – Place Saint-Vincent. Je ne connais pas vraiment Evere. J’y suis confinée par hasard ou plutôt par la force des choses. De mes fenêtres provisoires, je vois le parc, le Moeraske, le supermarché d’en bas, le tram 55.

Me retrouver sans boulot (je suis guide touristique et organisatrice d’événements) me donne pas mal de temps pour rêvasser sur la terrasse.

De là haut, j’ai pu voir les mouvements autour de la grande surface en bas. Le jour de l’annonce du confinement, la queue devant le magasin, longue, serrée, où les gens semblaient stressés et pressés, et qui sortaient du magasin avec des caddies qui débordent. Et puis soudainement, à 13h, plus personne.

Depuis, les choses sont très différentes. Le remplissage des caddies est impacté par les restrictions imposées par la gérance du magasin (un seul paquet de papier WC à la fois !) et les produits disponibles. Et, passée la période d’interrogation face aux mesures mises en place (caddie obligatoire et désinfecté entre chaque client, limite de personnes à l’intérieur du magasin), les gens semblent désormais s’être habitués à faire la file en laissant 2 mètres entre eux et à prendre des nouvelles les uns des autres sans se serrer la main.

De mon poste d’observation, je vois aussi le parc Saint-Vincent et le Moeraske.
Les gens s’y promènent, les enfants y jouent. Mais désormais ils découvrent ce que c’est de ne plus pouvoir jouer avec les copains ou sur l’aire de jeux.

Le terrain de foot est quasi déserté et malgré les panneaux indiquant qu’il est interdit d’y pénétrer, des sportifs isolés y courent ou s’y entrainent. Et des temps en temps, des gamins viennent taper la balle et se font rappeler à l’ordre dès qu’une voiture de police passe.

Je tente de mon côté de faire une balade quotidienne dans le Moeraske, cette réserve naturelle s’étendant des abords de la gare de Schaerbeek à ceux de Haren et coincée entre le bas d’Evere et les voies de chemin de fer. Près d’un mois maintenant que je l’explore assidûment et la conséquence est que désormais je commence à le connaître par coeur. Alors je me concentre sur tous les changements que le printemps opère sur la nature, jour après jour. Les bourgeons qui se développent, le vert particulier des feuilles, les tapis d’orties qui poussent (dans deux semaines, je vais en cueillir), les petites fleurs qui colorent des espaces un peu protégés des va-et-vient des promeneurs et les énormes nids construits par les perruches vertes, véritables HLM en haut des arbres.

Je ne sais pas vous, mais moi, à chaque fois que j’entends Summertime par Janis Joplin, je visualise intensément cette torpeur occasionnée par les fortes chaleurs, celles qui nous obligent à bouger le moins possible et surtout sans produire d’effort.
J’ai l’impression que ce confinement plonge depuis quelques semaine la ville dans cette même torpeur, la chaleur en moins. Pour le moment en tous cas…

———————————-

Après Evere, votre commune/quartier ?

En ces temps quelque peu moroses, alors que nous sommes tous confinés, l’équipe de BXLBLOG a décidé d’écrire. Sur l’ambiance qui règne dans nos belles communes bruxelloises, sur les gens… On a donc commencé par Koekelberg, Watermael-Boitsfort, Uccle, Jette, Laeken, Bruxelles, Forest, Auderghem, Ixelles, Schaerbeek et maintenant Evere et on essaiera de le faire pour les 19 communes. On essaiera car on n’est pas présents dans toutes les communes.

D’ailleurs, si tu habites une des dix-neuf entités, que tu as envie de raconter ce qu’il se passe tout près de chez toi quand tu sors faire tes courses : WELCOME. Un petit mail et c’est parti!

SHARE
Previous articleLe confinement vu de Schaerbeek
Next articleLe confinement vu des Marolles
Sommelière en bière, cycliste et féministe. Souvent le tout en même temps. Parfois noyant la frustration de l'un dans l'autre...

2 COMMENTS

LEAVE A REPLY