Le feuilleton de l’été 12

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Gars qui lit un feuilleton dans le journal

 

Depuis des semaines, la luminosité était basse. Certains matins, on pouvait y croire, (un peu), que c'était l'été, mise à part la température qui restait symboliquement fraîche. C'était préoccupant, et comme les hommes aiment trouver des solutions et prendre des mesures, même les plus invraisemblables aux (faux) problèmes, il y avait des pourparlers à tous les niveaux (fédéral, communautaire, régional. Pour une fois, tout le monde était d'accord.)

Par ordre du gouvernement, qui entendait bien sortir de la crise, les radios ne prévoyaient plus la météo. C'était comme ça. Par contre, il avait été voté une nouvelle aide sociale, pour compenser le manque de soleil. Chaque habitant se voyait allouer des points UV, mais il y avait une contrepartie. Il fallait se présenter avec une bonne mine à la commune, tous les quinze jours. On voyait de longues files d'habitants blêmes devant les centres de , qui ressortaient chocolatés, mais < > pas forcément souriants. L'été catastrophique avait des répercussions sur l'ambiance dans la ville.

 

Les séances de bain solaire ne suffisaient pas à retenir les habitants. L'exode avait bel et bien commencé. Les maisons restaient vides, et sécurisées, l'alarme ou le petit Å?il de la caméra pour seule présence un peu stéréotypée et déprimante. Chaque jour, des voitures pleines de Bruxellois aux valises trop vite remplies, se dirigeaient vers l'E401, et les bus et taxis coursaient vers Zaventem ou Charleroi Airport. Tous les moyens étaient bons pour quitter la ville.

 

Si ça continue, il n'y aura même plus personne pour me lire.

Ã? suivre

Aliette Griz

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