Le feuilleton de l’été 10

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Gars qui lit un feuilleton dans le journal

Monsieur Détecteur ne me rappelait pas. Je lui avais laissé trois messages, l'un convaincu, l'autre amusé, et le troisième dubitatif. Il faut être créatif pour parler trois fois au même répondeur. Sans succès. En théorie, si une femme téléphone à un homme, elle ne s'attend pas à insister. J'avais utilisé des mots simples, et gardé le ton courtois de l'amitié. Il n'y avait aucune ambiguïté dans mes messages. Je n'avais jamais commenté son silence, eu la moindre intonation autoritaire, ni surtout bégayé, le bégaiement sur un message, ça ne pardonne pas.

 

Est-ce qu'il avait fui la ville et était parti en vacances, contrairement à ce qu'il m'avait d'abord annoncé ? L'été bruxellois, c'était la garantie d'un chiffre d'affaires consolidé par les demandes imprévues de sécurité à domicile pour les juilletistes et aoutiens de la dernière chance. Ceux qui auraient voulu rester à Bruxelles, qui n'aimaient même pas forcément les voyages, craquaient les uns après les autres, parfois même forcés par leurs médecins : carences en vitamine D sévères. Les pharmacies étaient en rupture de stock. Je comptais sur la propolis et le grand air pour préserver ma santé, mais ma mine était chaque jour un peu plus asperge.

 

Est-ce qu'il ne souhaitait pas me revoir ? Nos retrouvailles avaient pourtant été assez émouvantes. (Et essentielles : j'avais besoin d'un personnage).

 

Alors, cet homme, je le rappelle encore, ou pas ?

Ã? suivre

Aliette Griz

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