Le défi de la Communauté métropolitaine

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La plus belle grand place du monde
Palais des Ducs de Brabant - « Grand Place 01 » par Viktorhauk — Travail personnel. Sous licence CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons - http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Grand_Place_01.jpg#/media/File:Grand_Place_01.jpg

Tout observateur de la politique belge a compris depuis longtemps qu?une décision résulte d?un compromis pouvant mettre en balance des éléments de nature différente. Classiquement, cela a été un échange d’évolution de compétences (pour satisfaire les demandes flamandes) contre argent (notamment le refinancement de la Communauté française).

En 2011, après 540 jours de crise, il était difficile de savoir si la création d?une Communauté métropolitaine autour de Bruxelles était une concession flamande et donc une compensation pour les francophones (histoire de garder les frontières autour de Bruxelles suffisamment floues pour être renégociées en cas de scission du pays) ou si c?était une manière pour la Flandre de mettre la main sur Bruxelles en minorisant les Bruxellois (et les francophones) dans le nouvel ensemble. À cet égard, notons le hoofdstedelijke gemeenschap en néerlandais, ce qui n?est ni synonyme ni innocent.

La plus belle grand place du monde
Palais des Ducs de Brabant – «?Grand Place 01?» par Viktorhauk ? Travail personnel. Sous licence CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons – http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Grand_Place_01.jpg#/media/File:Grand_Place_01.jpg

Si je suis assez prudente sur le sujet, c?est que je le connais un peu (par ici la lecture [pdf]) et que je sais que ce genre de projets implique une sérieuse dose de confiance pour qu?ils puissent être couronnés de succès. Sans vouloir être rabat-joie, contrairement à Béatrice Delvaux (Le Soir), je ne pense pas que la discussion de l?accord de coopération créant la Communauté métropolitaine constituera le vrai test de la bonne volonté des Flamands sur le sujet. En effet, même si elle peut s?avérer ardue, il ne s?agira jamais que d?une négociation unique entre deux partenaires (visiblement la Wallonie a déjà marqué son accord sur le principe) : le gouvernement bruxellois et le gouvernement flamand, soit deux gouvernements que quasiment tout oppose (l?un a un ministre-président socialiste francophone, l?autre un ministre-président NVA, c?est un bon résumé). Les décisions métropolitaines à venir ? si le projet aboutit ? devront recueillir l?aval des représentants des trois Régions, probablement des deux provinces du Brabant, mais aussi/surtout de l?ensemble des communes de Bruxelles et des deux Brabant, soit 111 municipalités.

Autant dire que deux scénarios se dégagent : soit celui de la coquille vide, soit celui de la conférence permanente de négociations. Je veux bien être optimiste et reconnaître que c?est un beau projet dans un monde idéal, mais quand je vois que la concertation légale (c?est dans la Loi Spéciale) n?a pas été faite lorsque la Flandre a décidé de fermer une sortie du ring il y a deux mois, c?est difficile. Pareil si on se souvient des craintes que l?on a pu nourrir quant au fonctionnement de Beliris. Par ailleurs, la mobilité qui pourtant constitue un enjeu majeur pour la zone métropolitaine ne sera abordée que partiellement, car la problématique du RER est exclue du champ d?action de la nouvelle entité. Mais bon, peut-être que cette nouvelle structure servira à la concertation pour construire (ou pas) un nouveau stade national. On peut rêver !

(le temps de rédiger ce texte, c?est déjà mal barré)

2 COMMENTS

  1. Crainte en effet, si pas certitude : l’histoire récente montre clairement qu’il n’y aura aucun interlocuteur loyal.

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