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Ce que Denis en dit : En tant que corps social, Bruxelles, la Belgique l’Europe vont accomplir un parcours de deuil. Chacun individuellement à sa vitesse passera par une série de sentiments, états. Ils sont connus et bien documentés :

  • Choc, déni
  • Colère
  • Marchandage
  • Dépression
  • Acceptation

Certains passant d’un état à un autre plus rapidement ou lentement en fonction de leur proximité avec l’événement, de leur affliction.
Les différences entre états de chacun feront débat, certains resteront bloqués dans les 3 premiers états et les médias exploiteront le pathos de la situation. Marchandage et dépression seront sans doute l’apanage des  » aquoiboniste » ou des « bisounours », ils auront leur temps, mais il faudra se rendre compte, accepter, que les faux semblants sécuritaires ne mènent qu’à de faux espoirs. Et j’aimerais à terme comprendre pourquoi quand on trouve un perpétrateur d’attentat, avec à disposition des détonateurs, 4 jours plus tard un attentat survenant et on ne relève le niveau de menace qu’après. A quoi servent des hommes en armes sinon à berner notre sens de la menace réelle… je suis colère.

Ce que Benoît en dit : au final, aujourd’hui, ce que j’ai vu c’est beaucoup d’humanité.

Ce que Philippe en dit : Oui, j’ai eu peur. Désolé. On nous dit qu’on ne doit pas céder à la peur, qu’il ne faut pas leur donner raison. Oui, j’ai craint pour mes proches.

Pour mon épouse bloquée à l’autre bout de Bruxelles et qui passe tous les jours de la semaine par la station Maelbeek, pour ma grande fille (future enseignante), qui m’envoyait des SMS genre ‘papa, j’ai peur‘ et qui devait elle-même rassurer des gamins de 11 ans, pour mon autre fille en sécurité chez une amie mais loin de la maison tout de même.

Ce fut pour moi une journée de travail étrange, avec beaucoup de soutien d’amis (merci Olivia, merci Lorena) et de collègues anversois.

Avec de mauvaises nouvelles aussi : un collègue blessé dans la station, un neveu d’une collègue tué à Zaventem.

Pour ne pas sombrer dans la sinistrose, j’ai bossé comme un fou, entre les infos en boucle, les SMS et mon rôle de dad-taximan…

merci Yves Allié pour cette image
merci Yves Allié pour cette image

Puis, en fin de soirée, j’ai médité. Avec des pensées pour toutes les victimes de cette barbarie, restés dans le quotidien des bombardements en Syrie ou abandonnés par la Grande Europe qui brade ses valeurs.

Donc oui, Denis, je suis dans les deux phases choc/déni/colère pour l’instant. Il sera temps après :

  • d’écrire sur la récupération idiote de certains politiques,
  • de s’interroger en effet sur les failles de notre sécurité nationale et du manque évident de moyens financiers alloués à la justice et à nos policiers,
  • de féliciter les courageux sauveteurs, infirmiers et médecins…

Et puis, viendra le temps d’écrire d’autres articles sur Bruxelles. #thoughsforbrussels

Ce qu’Andrea en dit : Mon coeur se remplit encore plus d’amour pour le monde. #BrusselsILoveYou

Ce que Cristina en dit : Oser faire cela à ma Ville d’adoption. Je n’en reviens pas. J’ai fui comme beaucoup d’autres la panique que vivait mon quartier hier dans les environs de 9h. A pied. Des kilomètres pour traverser toute la ville. Avec un baluchon. Choquée mais surtout triste. J’ai visiblement zappé les étapes colère et marchandage. Peut-être parce que je n’ai pas eu le choix : j’ai vu la panique et la poussière qui arrivaient vers mois. Cela m’est tombé dessus sans prévenir.

 

 

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