La gouvernance urbaine, non peut-être!

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illustration invitation facebook - Pic Nic The Streets - Oui Mais Non

Voilà que les pique-niqueurs du dimanche, les enfants de Rosa Parks (certains se revendiquaient d’elle et  justifiaient leur intérêt pour les repas tartines sur le bitume par le principe de la désobéissance civile), organisent un nième (ultime ?) #picnicthestreets sous-titré oui mais non (voir l’illustration qui ne prévoit d’ailleurs aucun bus).

illustration invitation facebook - Pic Nic The Streets - Oui Mais Non
illustration invitation facebook – Pic Nic The Streets – Oui Mais Non

Autant le dire de suite, ni le coup de force, ni la démocratie directe ne permettent la nuance. On peut voter oui, on peut voter non, mais on ne peut pas voter oui mais non. Tout comme il est impossible pour le Bruxellois de marquer un enthousiasme débordant en votant « non peut-être ! », le bulletin de vote dans la démocratie directe n’autorise pas de conditionner son vote à une série de critères aussi louables que moins de parkings ou plus de bus, ou aussi loufoques qu?à condition qu?il fasse beau ou qu?on distribue des tartines de plattekeis.

On pourra rétorquer qu’il n’a pas été question de démocratie directe ici, ni même de démocratie tout court. Un groupe de personnes ne représentant qu’elles-mêmes ont tenté de faire valoir une certaine loi du nombre pour interdire la circulation automobile sur les boulevards du centre. Sans autre projet, quitte à simplement interdire l’accès aux voitures avec des blocs de béton éventuellement tagués.

Bien sûr le piétonnier c?est dans l?air du temps, je présume que les politiques n?ont pas dû trop forcer pour accepter de fermer les boulevards du centre à la circulation. Là où je suis plus étonnée c?est dans l?absence de concertation sur les enjeux de mobilité (voyez le précédent billet) . Bien sûr je ne suis pas naïve, je vois ce que l?opposition aux transports en commun peut donner à Ixelles, mais on parle ici de l?accès à De Brouckère et à la Bourse, deux points centraux de la ville et du réseau de surface. Trouvez-vous normal que la STIB ne soit pas consultée ?  Sans parler des usagers?

Dans le cas présent, plus que de la désobéissance civile, plus que de la démocratie directe, plus que du coup de force, nous aurions eu besoin de (bonne) gouvernance urbaine. La gouvernance urbaine, ce n?est pas un brol de plus, c?est un principe selon lequel on consulte tous les acteurs avant de prendre des décisions qui concernent la ville et ses habitants. C?est une forme de démocratie participative. Bien sûr, on ne sort pas une décision de son chapeau en quelques jours. Bien sûr, impliquer les parties prenantes demande du temps. Bien sûr, il faut mettre de l?eau dans son vin (imaginez un peu accommoder les préoccupations des usagers de la STIB avec celles des automobilistes). Mais au bout du compte, le processus produit une décision que tout le monde endosse et qui sera défendue par tous.

Personnellement, plutôt que d?aller pique-niquer sur le macadam, j?aurais préféré qu?on auditionne les pique-niqueurs, la STIB, les autorités communales, les habitants des rues adjacentes, les commerçants, ou encore l’ARAU? Évidemment, cela aurait été terriblement belge et donc pas très sexy ni pour les pique-niqueurs, ni pour les autorités communales qui se paient une bonne conscience anti-auto à bon prix.

Disclaimer : Les #picnicthestreets  comme la journée sans voiture ou la démocratie directe, je n?aime pas, mais j?aime Bruxelles et j?aime les transports en commun à Bruxelles…  Petit défi : puisque la Bourse sera déjà sans voiture le prochain dimanche « sans voiture », on n?essaierait pas d?y faire passer des bus ? Après tout, les boulevards du centre constitueraient un merveilleux site propre !

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