Bruxelles si c’était Andrea

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Après avoir vécu plusieurs dizaines d’années dans différentes grandes villes d’Amérique Latine et d’Europe, c’est Bruxelles qui m’a finalement accueillie avec tendresse il y a maintenant déjà sept ans.

Pour moi Bruxelles représentait la ville ou Arthur Rimbaud avait publié Une saison en enfer, la ville où lui et Paul Verlaine avaient vécu un amour intense ; l’endroit où Julio Cortázar avait vu le jour. Bruxelles était aussi la ville où Guy Debord avait fondé l’Internationale Lettriste et où Raoul Vaneigem, membre de l’Internationale Situationniste, avait publié Traité de savoir -vivre à l’usage des jeunes générations. Bruxelles était encore la ville ou était né Peyo… et … plus simplement le lieu où mon père faisait escale chaque année lorsqu’il se rendait à l’UNESCO, à Paris.

Pour toutes ces raisons, Bruxelles me semblait une ville énigmatique, quasi mythique : Bruxelles n’était pas tant un endroit à visiter mais un endroit à imaginer, jusqu’à ce que l’amour d’un bruxellois m’y amène finalement.

Evidemment, la réalité n’a pas seulement rompu le mythe, elle l’a dépassé. Chaque petit coin, chaque quartier de Bruxelles est imprégné d’histoire. Par exemple, j’habite à une rue à peine de la Brasserie Au vieux Spijtigen Duivel, celle-là même où Charles Baudelaire avait l’habitude de se rendre pour écrire…

Vivre au quotidien à Bruxelles, c’est côtoyer des gens merveilleux, aimables, ingénieux qui, au même temps ont parfois, la crainte que quelqu’un vienne détruire ce grand oasis urbain en plein c?ur de l’Europe : en voyant la conformation et le contraste de l’architecture, on peut apprécier comment une ville est en train de s’agrandir au sein d’une autre, moment qui confirme l’évidence l’existence de « deux Bruxelles » : La Bruxelles institutionnellement européenne, anonyme et cosmopolite; et la Bruxelles quasi familiale, celle que je préfère, chacune des deux vivant dos à l’autre, selon ma perception.

Bruxelles est l’endroit parfait de passage, de renaissance, de solitude réflexive. C’est aussi un manteau sous la pluie, la joie de voir le soleil, quand celui-ci veut bien se montrer …. et l’endroit parfait pour écrire  sur les sujets qui me passionnent:  la technologie, l’art, le cinéma, la science et la culture en général.

Je pourrais écrire encore longtemps sur ce que Bruxelles représente pour moi, mais je conclurai en disant que c’est en vivant ici que j’ai compris que l’on peut affirmer quelque chose tout en se contredisant (non, peut-être) et que seul un bruxellois pouvait inventer un verbe / adjectif pour expliquer absolument tout ….

Et oui … Bruxelles a schtroumpfé ma vie!

 

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