5 raisons pour lesquelles vous auriez dû aller aux Feeërieën

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Douglas Dare
Photo de Piet Goethals pour Knack - http://focus.knack.be/entertainment/muziek/het-concert-van-douglas-dare-feeerieen-in-beeld/diaporama-normal-274035.html

Vous n’avez pas écouté nos recommandations et vous vous êtes entêtés à ne pas venir aux Feeërieën cette année? Tant pis pour vous. Comme on est quand même gentil, on y est allé pour ramener un compte-rendu. Et vu qu’on n’y connait rien en musique, on a décidé de ne pas en parler. Ou pas.

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1. Sun Kill Moon

C’est lundi qu’une des têtes d’affiche du festival se produisait sur le kiosque du parc de Bruxelles. Sous la pluie. Battante et ininterrompue. J’étais là un peu plus tôt, et je me demandais s’ils allaient annuler le concert tant les conditions semblaient difficile et peu propices à attirer un public dans la clairière inondée devant la scène. C’était faire preuve de bien peu de foi envers les bruxellois qui sont venus nombreux déployer une forêt de parapluie pour profiter du concert. Avant Mark Kozelek, c’est Mauritz Pauwels qui est venu nous gratifier d’un peu de folk à tendance pop en néerlandais. Plus connu sous le nom de Mauro Pawlowski (enfin, il paraît), il a participé à l’essort du rock belge au travers du groupe Evil Superstar, et enchaîne les projets, ce qui doit faire de lui un BV. En attendant, même si le concert est bien tenu, et qu’on apprécié les mélodies à la guitare du bonhomme, difficile de rentrer dans le sujet sans en comprendre grand chose. Les chansons d’amours tristes sans saisir les métaphores, on n’accorche malheureusement moyennement. La pénombre est tombée sur le parc quand Sun Kill Moon rejoint la scène, elle aussi plongée dans le noir. Du coup, la première moitié du concert, je la passe sans voir ce qui se passe sur scène. Ce n’est pas plus mal, je laisse la voix profonde m’embarquer dans ses mélodies mélancoliques, bien accompagnées d’arrangements assez classiques (guitare, basse, batterie) tournant autour du folk. C’est pourtant sur les titres plus pop que je me suis laissé embarquer pleinement par la langueur de Mark. Une langueur finalement en contraste avec la dégaine du bonhomme! Une fois la scène dans la lumière, c’est une grande baraque à la dégaine mal assurée et au look d’américain moyen qui se présente à nous.  Loin du cliché du folkeux qui cultiverait un aura de mystère. Et finalement, une image qui correspond à sa musique: sans artifice, il s’agit de délivrer de belles chansons avec une belle voix. Parfois, c’est suffisant…

2. Douglas Dare (et Perfume Genius quand même un peu)

Après avoir dû faire venir le public à l’AB le mardi, les Feeërieën ont pu retrouver le podium extérieur mercredi, avec une soirée sans pluie. Parfaite pour accueillir la seconde tête d’affiche du festival, Perfume Genius. C’est pourtant par l’encore inconnu Douglas Dare, qui ouvre le scène, que je serai le plus convaincu. Attention, Perfume Genius a livré une prestation à son image. Sur le fil, il interprète ses titres hyper-personnels accompagné de son compagnon à la ville comme à la scène aux claviers, et deux musiciens supplémentaires aux cordes et à la batterie. Mais c’est dans l’intimité que doit se vivre ce genre de prestation, pas au milieu d’une foule plutôt nombreuse, en extérieur. Ici, les très jolis textes ne nous font pas voyager, les arrangements délicats se perdent parfois dans le brouhaha (léger) du public. Si on sent la volonté d’évoluer vers des arrangements plus riches sur certains titres (façon Shake That Devil de Antony & The Johnsons, ou à Jamie Steward de Xiu-Xiu auquel Mike Hadreas me fait penser pour la sensibilité à fleur de peau), tout n’est pas encore en place. En particulier le single Queen, très belle réussite studio, qui doit encore trouver un écho à sa taille en concert. A côté de cela, Douglas Dare a offert une prestation entre chaleur d’un interprète moins complexé qui sait s’adresser à un public et composition plus tristes (« all my songs are sad », nous confiera-t-il) mais super émouvantes. Les arrangements profitent chez Douglas de sons électroniques plus rythmiques qui leur donnent l’ampleur nécessaire pour affronter une scène extérieure. La voix est assurée et juste, bien aidée de nombreux effets sur le micro (on ne fait plus sans, quand on est un chanteur « à voix ») sans prendre le dessus sur les morceaux eux-même. En 45 minutes, il a réussi à faire vibrer le parc environnant de façon assez magistrale. La bonne découverte du festival pour moi (qui se prolonge en album, mais c’est une autre histoire).

Photo de Piet Goethals pour Knack - http://focus.knack.be/entertainment/muziek/het-concert-van-douglas-dare-feeerieen-in-beeld/diaporama-normal-274035.html
Photo de Piet Goethals pour Knack – http://focus.knack.be/entertainment/muziek/het-concert-van-douglas-dare-feeerieen-in-beeld/diaporama-normal-274035.html

3. Le son « made in AB »

Si vous êtes allé au BSF cette année (et les années précédentes), vous vous dites sans doute que le son en extérieur, c’est par défaut pas très bon. L’AB et son équipe de technicien nous prouve, cette année encore, le contraire. Le son était excellent. On peut sans doute chicaner sur les basses qui vibraient un peu trop le mercredi, mais globalement, c’était quasiment irréprochable, et cela rend l’expérience de la musique au milieu d’un parc particulièrement prenante. Si vous connaissez les ingés son du BSF (et le reponsable du matériel sono), envoyez-les faire un stage aux Feeërieën.

4. Les bandes-son « made in AB »

Quand vous attendez dehors, sous la pluie, qu’un concert commence, le fond sonore qui va vous occuper prend soudainement une importance capitale. Et aux Feeërieën, il n’est pas sous-estimé. Chaque soir, c’est un créateur différent qui vous propose sa sélection musicale. Quel plaisir d’entendre des morceaux qui créent une ambiance, contribuent à vous mettre dans le bain du concert à venir. De la musique qui a de la personnalité plutôt que la bande-son générique qu’on nous sert trop souvent. Mention spéciale à DJ Stonewood qui m’a permis de ne pas rebrousser chemin malgré la pluie de lundi soir!

5. Parce que « Bruxelles »

En fait, boire des bières sous la pluie en écoutant de la musique dans un parc au centre-ville, c’est vraiment bruxellois. Les Feeërieën, c’est l’exemple typique de ce qui fait la qualité de vie à Bruxelles: des événements de qualité à taille humaine, et avec chaleur humaine. En plus, cela vous donne l’occasion de voir rassemblé les trop rares Flamands de Bruxelles, et de tester votre accent néerlandais (test raté pour moi. Quand je parlais français, on me répondait en néerlandais. Quand je commandais en néerlandais, on me répondait en français).

Au final, les Feeërieën, c’est tout ce que devrait être le BSF. Des choix musicaux qui affirment l’identité culturelle de l’AB, au-delà de ses événements de divertissement qu’elle organise trop souvent. Une organisation professionnelle avant d’être commerciale. Un programmateur qui, en se faisant plaisir, offre à ceux qui sont prêts à se déplacer pour autre chose qu’un nom qu’ils connaissent déjà l’occasion de découvrir des artistes. Bref, de la culture subventionnée comme on aime en voir.

DJ Stonewood

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