le feuilleton du printemps 2 : la chrysalidation

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feuilletonprintemps©AlietteGriz

Le printemps, c'est l'occasion de faire un peu le tri, d'ouvrir les fenêtres, de ne plus prendre de recul (ça suffit, le recul), d'être dans l'instant. Je savais que les saisons précédentes, j'avais laissé des choses en suspens dans le feuilleton, des fuites en avant d'écriture, pour essayer de coller au réel.

(Par flemmardise de la relecture…)

Mais le réel, cette saison, m'échappait. J'avais l'impression qu'il m'avait échappé, la nuit où la reine avait parlé pendant mon sommeil.

Une sorte de vent s'était levé.

Un vent froid.

Qui soufflait encore le matin dans les rues de la ville, et qui nous entourait de couches successives, version chrysalide. On voulait sortir de l'hiver, on voulait sortir de la crise, on voulait sortir des travaux, (on voulait sortir de l'euro ?) Résultat : on se retrouvait enveloppé d'une sorte de poussière un peu collante, qui nous permettait encore d'être nous-mêmes (on voyait au travers) mais qui nous cassait un peu le moral.

J'entendais à la radio des déclarations étouffées par les épaisseurs des cocons, sur la nécessité de se retrouver-se-recentrer-s'auto-censurer-s'indigner-s'immiscer-s'aliter, qui n'aidaient pas à y voir plus clair.

Ce printemps serait donc une saison de doute et de transformation, un peu.

Prête à tout, Griz essaie d'attraper sa ville et de la prendre dans ses bras, même si ça demande une certaine souplesse…

 

Ã? suivre

Aliette Griz

Ã?pisodes précédents :

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