L’Amour fou revient parmi les siens

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Il y a un peu plus d’un an et demi, une institution de la nuit bruxelloise fermait ses portes à la stupéfaction d’un microcosme de fans et de noceurs bruxellois. Des bisbilles auront précipité la fermeture des portes d’un endroit mythique, voire emblématique pour certains, à savoir l’Amour fou (ok, j’exagère un peu…)

Dont pour moi. L’Amour fou représente un moment particulier dans ma vie. Je suis arrivé en Belgique en octobre 1984, à quelques jours de mon cinquième anniversaire. Ma mère a rapidement trouvé du travail à l’Amour fou, un bar branché sis place Fernand Coq. Ne parlant pas un mot de français à mon arrivée, je ne suis pas allé à l’école tout de suite. Et ai donc accompagné ma maman tous les matins au boulot. C’est donc là-bas que j’ai appris à parler le français, c’est à l’Amour fou que j’ai regardé mon premier Walt Disney. C’est aussi là que j’ai découvert le bolo bruxellois et la couque suisse. Une importante étape dans ma vie… (La première fois aussi où j’ai pincé les fesses d’une fille, Manon, 22 ans en ce temps-là)

A l’époque, l’établissement était des plus courus. On mettait des gens dehors pour pouvoir nettoyer et quelques heures plus tard, d’autres faisaient la file pour prendre leur café. Oui, la file. Il faut bien penser qu’au milieu de années 80, Bruxelles était loin d’être aussi bien fournie en chouettes endroits où aller boire un coup. Dans ce coin d’Ixelles, seuls (paraît-il) l’Ultime Atome et l’Amour fou se démarquaient des vieux bistrots de quartier (qui ont d’autres qualités, on est bien d’accord).

Plus de 25 ans plus tard, l’Ultime n’a pas défailli… les patrons, les frères Tui, mènent bien leur barque. Pour l’Amour fou, cela a été un peu plus bousculé. La légende (vraie ou pas) veut qu’à l’époque, la bar et l’immeuble entiers aient été remporté par le patron de l’époque… au poker. Qui l’auraient revendu à son son frère, qui… Pour finalement fermer, l’année dernière. Au grand dam de nombreux Ixellois et joyeux noceurs, je le répète.

A partir de ce soir, il semble que c’était époque de disette soit révolue. L’Amour fou rouvre ses portes pour deux jours de fête, avant une ouverture complète une fois quelques détails réglés. Je suis allé visiter les lieux hier. L’endroit n’a pas vraiment changé malgré le fait que tout soit remis à neuf. L’ambiance est plus chaude qu’avant. On trouve du bois un peu partout, même en l’air. Un peu à la Arne Quinze. On retrouve ça et là des symboles musicaux : une gamme, un pavillon de grammophone, des VU-mètres, un microsillon… C’est que la musique devrait occuper une place important à l’Amour fou.

« En plus d’être un bar-resto, nous voulons, avec mon associé, faire de l’Amour fou un lieu de découverte musicale », m’a expliqué hier Pierre Barbieux, par ailleurs aussi un des types associés dans l’excellent KoKob. Pour ce faire, l’acoustique du bar a été, m’a-t-on dit, savamment étudiée et optimisée salle par salle. A l’arrière, comme à l’époque d’ailleurs, il y a une espace prévu pour des concerts et des DJ’s set.

Mais la particularité sera que, chaque mois, un disquaire fera une sélection de 30 vinyls/CD qui sera diffusée et proposée à l’achat, directement au bar. Chouette initiative. On jugera sur place. De plus, quelques bacs de vinyls seront à disposition des DJ’s…

Sinon côté bouffe, ce sont les maintenant très hypes burgers à l’américaine qui seront les stars de la carte (« A Bruxelles, j’ai tout essayé et je n’en ai pas trouvé un seul qui était vraiment comme aux USA », m’a confié @PetitPiet). Mais on trouvera aussi des plats variés – comme le hachis parmentier – ou encore des plats à partager, façon KoKob.

L’endroit semble être habité de bonnes ondes… Autant aller vérifier sur pièce dès ce week-end. Dès ce soir et jusqu’à dimanche matin, cela va être la grosse nouba avec moult groupes et DJ’s (Programme complet).

Une dernière chose, ce vendredi 26 aura lieu le vernissage d’une expo photo de Benoît Vrins, un des éminents membres de l’équipe de Bxlblog. « Public Posters » est une série de photographies qui invite le spectateur à regarder autrement les espaces publics envahis par les messages les plus divers. Celui-ci peut opérer des regroupements thématiques selon les matières, les couleurs, les formes ou encore les messages. L’expo se tiendra pendant deux mois.

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