Février sans supermarché, saison 2 à Bruxelles

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Février sans Supermarché

Pour la deuxième année d’affilée, le défi Février sans supermarché pose ses sacs de courses à Bruxelles. Le but de ce défi ? « Encourager les commerces indépendants, redécouvrir les épiceries de quartier, soutenir les petits producteurs, favoriser la vente en vrac et le commerce local, repeupler les marchés ou encore réapprendre à n’acheter que l’essentiel », peut-on lire sur le site de Leïla Rölli, En vert et contre tout.

Leïla a lancé Février sans supermarché en 2017, en Suisse romande. « En vrai, cela fait 30 ans que des gens ont décidé de boycotter les supermarchés en raison de différents scandales alimentaires qui rythment l’industrie agroalimentaire ou pour soutenir les petits producteurs et commerces indépendants écrasés par la grande distribution. En 2007 ou encore en 2016, des journalistes ont documenté leur expérience de ne plus aller en grandes surfaces. »

Février sans supermarché, de la Suisse à l’international

En 2017, donc, un groupe régional de consommation durable neuchâtelois se lançait le même genre de défi. « Moi, je lançais mon site En vert et contre tout. C’était l’occasion de voir plus grand : j’ai ouvert des groupes pour toutes la Suisse romande. Quelque 800 personnes ont participé la première année, c’était déjà formidable », m’explique la Suissesse au téléphone.

En 2018, on parle de 20.000 personnes participantes après que l’initiative se soit étendue à la France. Et depuis l’année dernière, il semble qu’il ne soit plus vraiment possible de quantifier. « Il y a des groupes pérennes en Suisse, en France, en Belgique, au Québec, en Espagne mais il y a aussi de nombreuses personnes qui s’approprient le défi hors de notre champ de vision, sur Whatsapp, Instagram ou ailleurs », ajoute avec plaisir Leïla Rölli. C’est que le but n’est pas de de créer un groupe centralisé mais bien des communautés locales autonomes de personnes qui veulent consommer autrement.

Bruxelles sans supermarché, pour trouver des solutions et s’entraider

En 2018, l’entrepreneuse suisse contacte le Belge Jean-Christophe Caron. Celui-ci est à la tête d’un groupe Facebook Vivons bien, vivons belge, fort de 14.000 membres, qui sur le papier semblait très compatible avec Février sans supermarché. « J’organisais déjà des mois sans multinationales, alors un mois sans supermarché, cela collait plutôt bien, me dit-il en souriant. J’ai créé mon groupe Facebook il y a cinq ans. A force de lire des bouquins d’économie, je trouvais qu’on allait droit dans le mur. Au moment de la crise du lait, j’ai décidé d’aller acheter directement des produits à la ferme. J’ai acheté de la viande et j’ai été surpris par la différence de goût. Là, j’ai décidé de créer un groupe. J’espérais 80 personnes, nous sommes 17.000 maintenant. »

« Si Février sans supermarché fonctionne, c’est parce que les gens en ont marre de la surconsommation et de la mauvaise consommation, poursuit-il. Mais, même s’il y a de plus en plus de commerces qui leur proposent des solutions (Alimentation géniale, Biovrac etc etc), trop peu de monde se rend compte qu’il existe une large offre à Bruxelles. Février sans supermarché via le groupe
Bruxelles sans supermarché est une bonne occasion pour celles et ceux qui cherchent ces solutions – mais aussi pour ce qui ne les cherchent pas encore – de les trouver facilement. »

C’est donc l’occasion de faire la promo des commerces de quartier, des fermes qui se trouvent pas loin de Bruxelles ; de s’échanger des trucs et astuces ; de se rencontrer ; de partager des grains de kefir… Jean-Christophe lui va carrément dans les commerces et chez les artisans pour leur proposer de les mettre en avant. Au téléphone et sur son site, Leïla ne tarit pas d’éloges quant à la « formidable motivation » du Belge. « Il est totalement investi que ce soit sur le terrain ou sur Internet, il est partout. »

Moins cher au supermarché ?

Les médias se sont emparés de l’événement mais à lire les commentaires des articles, il semble que beaucoup de personnes ne sont pas prêtes à franchir le pas. Surtout à cause du prix : « Ca coûte cher d’aller acheter la viande chez les petit commerçants, les supermarchés coûtent moins cher », pour ne reprendre qu’une seule de ces nombreuses réactions en ligne. « Oui mais non, répond Pierre-Jean Léonard, fondateur de Little Green Dots, une association qui aide particuliers et entreprises à diminuer leur empreinte écologique tout en économisant de l’argent. L’exemple de la viande est emblématique. Oui la viande est moins chère dans une grande surface. Mais, lorsque vous cuisez ce morceau de viande, il perd jusqu’à 30% d’eau !! Et donc coûte en réalité 30% plus cher que ce que vous avez payé. »

Au-delà du prix, Pierre-Jean insiste aussi sur ce qu’il appelle la pyramide des sous. « Avec les grandes surfaces, l’argent du consommateur va de sa poche à celle de l’actionnaire, en passant par celles des producteurs, mais en essayant de leur en donner le moins possible. Quand on respecte les circuits courts, et qu’on sort donc de cette pyramide des sous, le destinataire final, c’est le producteur. »

Et de terminer sur le prix de l’emballage. « Si on s’inquiète du prix, il faut aussi savoir que les emballages des produits vendus en grande surface représentent parfois jusque 20% du coût total. Pour ma part, je préfère mettre ces 20% dans la qualité dudit produit que dans le plastique qui l’entoure ».

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