Picasso Sculptures jusqu’au 5 mars 2017 au Bozar

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Jusqu’au 5 mars 2017, l’expo Picasso Sculptures est à découvrir au Bozar (rue Ravenstein 23 à 1000 Bruxelles. STIB : Gare Centrale, bus 38, 71, 66, 29, 63, 65, ligne 1 et 5 en métro). Celle-ci a de particulier qu’elle propose des pièces d’une discipline moins connue dans l’oeuvre très diversifiée de Picasso.

Rien que le bâtiment abritant l’exposition vaut le détour. Conçue par Victor Horta, cette maison de la culture du début du XXe siècle est représentative de l’ambition de l’architecte, chef de file de l’Art nouveau en Belgique. Ce lieu discret a pour vocation d’accueillir toutes sortes de pratiques artistiques, tout en reliant le haut du bas de la ville.

Commençons par quelques considérations pratiques si vous décidez d’y aller.

Les tickets s’achètent maintenant en face de l’entrée principale : vous devez prendre un ticket et faire la file rue Ravenstein 16.

Ensuite, pour atteindre l’exposition, passez les grandes marches et à droite toute pour pousser deux portes battantes qui vous permettront, une fois franchies, d’admirer la première sculpture, un buste de femme.

Plutôt lourd et massif, son charme fou se dégage de la pureté des lignes et de la déstructuration de la beauté classique d’un visage. Ce nez si présent, comme une trompe d’éléphant, crée en réalité une courbe, adoucissant le volume un peu brut de cette première pièce.

L’exposition est ensuite organisée selon le type de sculptures, de techniques et leur chronologie.

En réalité, ce buste de femme à l’entrée n’est pas une de ses premières sculptures. Datant de 1930, elle suit déjà plusieurs périodes inspirées de Rodin, du primitivisme et du cubisme.

En 1930, avec cette tête de femme, il aura travaillé le bronze, le plâtre, la peinture, le bois et le fer.

Dans cette veine très arrondie, il aura créé plusieurs pièces dont la fameuse baigneuse dont il est difficile de percevoir la fin et le début du mouvement : est-elle dans l’eau, se prélasse-t-elle sur le sable ? Les visiteurs peuvent l’admirer de tous les côtés puisqu’elle trône au centre d’une salle.

L’Homme au mouton (1943), l’oeuvre qui consacre Picasso comme sculpteur

Continuons. Vous verrez aussi la statue qui a consacré Picasso sculpteur : l’Homme au mouton, une oeuvre engagée (1943). Avec cet homme aux grandes jambes et mains qui tiennent ce mouton, si fragile par contraste, l’artiste tente de représenter la violence de la guerre.

Cette oeuvre fait écho aux vanités qu’il mettait en scène à la même époque. Celle qui nous est présentée ici a ceci d’exceptionnel qu’elle met en scène, dans un équilibre un peu dramatique, le crâne d’animal et la lumière de la bougie. Cela, dans la plus pure tradition héritée du 17e siècle où ces natures mortes rappellent la dimension éphémère de la vie humaine. Un symbole magnifique.

Je pourrais encore vous décrire bien d’autres pièces, mais je préfère que vous alliez vous-même découvrir cette collection qui ne laisse pas de place à l’ennui.

Le rêve de Picasso, la sculpture monumentale

Je terminerai ce billet par des créations qui m’ont particulièrement frappée. À savoir une de ses peintures sur céramique et ses oeuvres en carton découpé.

Vous y verrez le génie de l’artiste. Lors de la conception et l’élaboration de cette peinture sur une tuile, Picasso voulait que quelque chose se passe lorsque le spectateur qui observe le visage de cette femme se déplace autour d’elle. Que la femme se transforme par un délicieux effet d’optique en un strabisme nous interpelle sur ce petit défaut. L’artiste fait douter son public par rapport à cette vision si surprenante : finalement, qui louche, la femme représentée ou vous qui l’observez ?

Cette perception des sculptures, qui varie selon les angles de vue, se renforce dans ses pièces en carton plié et découpé, ensuite transposées en tôle ou même en béton armé.

Picasso réalise ainsi un de ses rêves, à savoir produire des pièces se prêtant particulièrement bien aux espaces publics. Car quel que soit votre angle d’approche (par l’avant, l’arrière…) auprès de l’oeuvre, vous y verrez quelque chose de différent.

Quoi ? Picasso Sculptures, jusqu’au 05 mars 2017 !

Où ? Bozar, Rue Ravenstein 23 à 1000 Bruxelles

Quand ? Du mardi au dimanche entre 10h et 18h ; nocturne le jeudi jusqu’à 21h

Combien ?

  •  ? 18 ? 16
  • -26 et demandeurs d’emploi, le mercredi : ? 2
  • Groupes (min. 10 personnes) : ? 14
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Je suis assez âgée pour avoir connu l'époque sans GSM et sans Internet. Juste que maintenant je ne peux pas me passer ni de l'un ni de l'autre. Je n'ai pas toujours vécu à Bruxelles mais c'est dans cette ville que mes parents qui viennent d'endroits fort éloignés sur le globe ont choisi un jour de s'installer. Ils n'y sont plus mais moi j'y suis restée.

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