BrusselsLockDown : Peur sur la ville

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Photo Denis Bocquet

Les autorités ont déclaré le risque d’attentat au niveau 4, imposant de fait un BrusselsLockDown depuis plusieurs jours sans qu’on ne sache précisément pourquoi. Les rumeurs parlent de 2 individus ou 2 groupes armés et équipés de bombes prêts à passer à l’action sur notre capitale.

Il y a plusieurs choses qui étonnent dans la situation actuelle.

Photo Denis Bocquet - BrusselsLockDown
Photo Denis Bocquet

Notre état riche (le PIB de la Belgique est d’environ 500 milliards d’euros par an) prélève plus de la moitié de la richesse produite dans notre pays pour fonctionner et en redistribuer une partie.

Pourtant une de ses fonctions essentielles n’est plus remplie : le maintien de la sécurité des citoyens. Que l’état soit déficient sur l’éducation (tests PISA pas fameux), sur les routes (état déplorable un peu près partout), sur l’économie (taux de chômage catastrophique), … ; nous étions habitués. Mais nous pensions que notre état préservait au minimum l’essentiel : la sécurité.

Nous, citoyens, avons accepté que l’état ait le monopole de la violence. Les gouvernements successifs ont interdits les armes. Nous appelons la police lorsque notre sécurité est menacée, lorsque nos biens sont volés… Nous avons pourtant tous déjà été confrontés à la déficience de la police et de la justice. Mais nous pensions que nos problèmes étaient menus et que la police et les services de renseignement travaillaient sur plus important.

Les Etats nous ont tous demandé ou imposé de nous surveiller de plus en plus, de pouvoir avoir accès à nos conversations, à nos emails, à nos petits secrets personnels. Pour beaucoup d’entre, nous avons accepté pour préserver notre sécurité. Nous avons sacrifié une partie de nos libertés pour cela.

Aujourd’hui le constat est amer. Nous avons perdu cette liberté mais également la sécurité. Des kets de Bruxelles achètent des armes comme nous des clefs USB. Tous les milliards investis dans la surveillance de tous n’ont pas permis de repérer de petits groupes se déplaçant avec une facilité déconcertante entre la Syrie et l’Europe, se fournissant en armes, confectionnant des explosifs et tuant des dizaines d’innocents.

Le pire est que nous n’entendons aucun mea culpa. Les Français réagissent juste en bombardant plus la Syrie. L’histoire nous a montré comme tout cela a toujours bien fonctionné. Mais aucune démission, aucune reconnaissance d’un échec. Pas mieux en Belgique. A-t-on seulement entendu un responsable politique dire que nous aurions pu faire mieux ?

Un échec qui dure pourtant depuis des dizaines d’années. Nos gouvernants ont laissé se développer des prêcheurs de haine dans nos quartiers. Des bourgmestres en ont joué pour se faire réélire et s’accrocher à leur petit strapontin pendant vingt ans. Où sont les hommes politiques dénonçant leur(s) camarade(s) ?

Nos gouvernants ont laissé prospérer un marché d’armes de guerre florissant. Comment peut-on imaginer que des services de sécurité ne savaient pas qu’autant d’armes circulaient ? Des journalistes se sont déjà amusés à acheter une kalachnikov en quelques heures avec succès !

Nos gouvernants inventent des marathons de la vitesse pour ponctionner de l’argent au pauvre pékin qui roule un peu trop vite. Par contre, lutter contre cette gangrène n’a pas semblé être dans leurs priorités.

Maintenant que des dizaines d’innocents sont morts, on agit dans l’urgence. On bloque une ville d’un million d’habitants mais on ne sait pas quoi faire. On arrête de pauvres types qu’on relâche aussitôt. Et on a des ministres assez débiles pour proposer de créer des safe rooms dans les écoles.

En ce jour de Defcon 1 sur Bruxelles, il y a de quoi être malheureusement très pessimiste…

Seuls les habitants de cette ville donnent de l’espoir. Quand on leur demande de ne rien communiquer sur des actions policières en cours, on a un torrent de lolcats sur le hashtag BrusselsLockDown. Les gens continuent à avoir de l’humour, à vivre. Dans le futur, il faudrait juste qu’ils votent autrement…

2 COMMENTS

  1. Bien d’accord avec Francisco
    Mais voter pour qui…???
    Quelles déceptions jusqu’à ce jour!

  2. Simplement ne plus voter! Voter ne garantit plus aucunement la démocratie, mot-valise fort contesté aujourd’hui et qui a été totalement dévié, voire vidé de tout sens… La désobéissance civile fait partie des droits et des devoirs démocratiques et il serait grand temps de la mettre en oeuvre. Nous verrions là immédiatement où nous en sommes avec nos partenaires élus… Le problème, hélas, réside avant tout dans la capacité d’un peuple trop bien manipulé et soumis à faire un effort pour passer à l’action véritable, tout en respectant les acquis et les limites nécessaires à la convivialité…

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