Gilbert Fastenaekens, le portraitiste de Bruxelles

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Au premier coup d??il, je savais déjà que cette rétrospective Gilbert Fastenaekens au Botanique allait me plaire. Puis, quelques photos plus loin, se trouve l’image qui accroche mon regard et ne me lâche plus… Une heure plus tard, je suis sortie de là sachant que je reviendrai.

L’exposition In Silence rassemble des ?uvres représentatives du travail de Gilbert Fastenaekens, photographe bruxellois. Parmi les séries présentées, deux m’ont réellement touchée.

Mon premier coup de c?ur va à la série Essai pour une archéologie imaginaire (1983-1986).

Essai pour une archeologie imaginaire © Gilbert FastenaekensPour réaliser ces clichés, le photographe a été puiser dans les nombreux lieux de l’histoire ouvrière de Lorraine. Mais quelques-uns nous renvoient à notre propre histoire : Liège et Charleroi ne sont pas loin… Dans ces images de sites industriels abandonnés, le fantôme de l’homme extrayant le minerais ou travaillant le métal rôde… Mais une fois l’homme parti, restent le souvenir de l’activité ouvrière, la poussière, les bâtiments gigantesques et vides. Cette atmosphère de délaissement, Gilbert Fastenaekens la transforme en nous dévoilant la magie contenue dans ces lieux, les lumières époustouflantes qui les traversent, les ambiances solennelles ou énigmatiques qui y règnent. Il crée ainsi, dans cet Essai pour une archéologie imaginaire, des univers inconnus, étranges mais fascinants, tenant par moments de la science-fiction.

Deuxième coup de c?ur, la série Correspondance (2007-2013).

Correspondance (Extrait) © Gilbert FastenaekensFastenaekens est ici reparti de vieilles cartes postales de Bruxelles datant du début du XXe siècle pour recréer la même image dans la ville d’aujourd’hui. Le principe mis en ?uvre est celui de la reconduction photographique : même point de vue, même cadrage, si possible même saison et mêmes paramètres techniques.

Le résultat est sidérant. Certains endroits ont réellement changé, et pas nécessairement en bien : le jardin Botanique dont un superbe bassin a été condamné pour laisser passer la petite ceinture, les Halles de la rue de la Vierge Noire qui ont disparu au profit d’un horrible bâtiment… D’autres endroits ont au contraire profité du passage du temps : le parc de l’Abbaye de la Cambre qui a été restauré ou l’hôtel de ville de Schaerbeek qui est devenu ce qu’il est aujourd’hui. D’autres coins de ville ont enfin regardé le temps passer sans trop s’inquiéter, comme le Parvis de Saint-Gilles ou le Boulevard Adolphe Max.

Gilbert Fastenaekens est né à Bruxelles en 1955. Outre les séries ci-dessus, il a mis Bruxelles en scène dans  Nocturnes et Sites I et II. Il a aussi réalisé des clichés de forêt dense et sauvage, rassemblés dans Noces. Des extraits de tous ces projets, ainsi que quelques vidéos, sont présentés dans l’exposition In Silence. Elle se tient jusqu’au 29 mars au Museum du Botanique et sera aussi un des arrêts proposés lors de la Museum Night Fever le 7 mars. Toutes les infos pratiques se trouvent sur le site du Botanique.

Photos © Gilbert Fastenaekens

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