Bruxelles, si c’était Anne

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Anne Francotte aime écrire

Anne Francotte aime écrireBruxelles est bien plus que ma ville de c?ur, d?adoption. Bien plus qu?une terre d?exil: elle a dicté ma vie et mes choix quand à 17 ans, décidée à quitter Namur, je choisis des études avec pour seul critère qu?il n?y en ait pas ici, enfin là. Je voulais une formation qu?il n?y avait que là, loin. Le journalisme ferait l’affaire!

J?ai tendance à croire que notre c?ur se pose là où on arrive la première fois, dans les premières rues que l?on foule quotidiennement, dans le premier quartier qui nous ouvre les bras. Je suis arrivée près de l?Amour fou et la plus grande infidélité que je lui ai faite, c?est d?aller, après quelques années de routine, me frotter aux fastes du Châtelain. Avant de revenir à nouveau, par hasard ou opportunité, dans ce quartier mixte, populaire d?un coté, élégant de l?autre. Cette situation à elle seule incarne l?essence même de Bruxelles.

Bruxelles ne se laisse pas tout de suite aborder, il faut prendre le temps de l?apprivoiser. Ville de contrastes aux différents visages, parfois dynamique, bruyante et avant-gardiste, parfois empreinte de calme et de raffinement. Imprévisible, elle alterne les genres: à peine le dos tourné, elle déploie sous nos pieds des quartiers issus de l?immigration. Il faut en faire le tour pour déceler ses styles, ses formes, ses contradictions, et ressentir ses rêves, de plus d?équilibre peut-être.

Bruxelles n?est pas une ville objective, elle se ressent : impossible d?expliquer pourquoi certains préfèrent le centre et d?autres le Sud, question d?atmosphères. Surréaliste et indomptable, Bruxelles se partage, essaye de satisfaire tout le monde, déchirée entre des attentes contradictoires, des revendications flamandes et des aspirations francophones : le mieux est de ne pas la juger trop vite, tenter de percer ses mystères, de comprendre comment son passé complexe a forgé son caractère, comprendre son identité et se pencher sur son histoire, qui explique ses paradoxes et cette difficulté à sortir de ses propres imbroglios.

Au quotidien, Bruxelles continue de fonctionner et de séduire, verte, paisible, pleine d?humour, d?autodérision, bonne vivante et riche d?une culture omniprésente. Impossible de ne pas être séduit ! Elle a le goût de tous les possibles. De là à dire qu?elle ait une odeur, j?en serais incapable, circulant toujours préventivement en apnée. Son bruit en revanche est celui des brouhaha tinté d?accent italien, anglais, interrompu de bruits de verres qui tombent, de tasses qu?on empile, d?eau bouillante qui sort des machines, typiques des bars que je fréquente le matin, pour écrire.

3 COMMENTS

  1. Superbement dit! C’est exactement comme ça que je la ressens, cette ville d’adoption…
    Anne aussi, de Namur aussi et qui aime écrire également ;-)

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