Le chèque scolaire contre l?échec scolaire

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Credits: Creative Commons https://www.flickr.com/photos/alainbachellier/ Alain Bachellier

Credits: Creative Commons https://www.flickr.com/photos/alainbachellier/ Alain BachellierAvec un taux de chômage supérieur à 20 %, une grande partie de la population active bruxelloise n?a manifestement pas l?éducation requise pour trouver un emploi.

Un grand nombre de jeunes sortent du système scolaire sans aucune formation. Il est de plus en plus difficile de trouver des demandeurs d?emploi sachant simplement écrire correctement. Sans parler du bilinguisme absolument catastrophique.

Pourtant le corps professoral n?est pas à blâmer complètement. Souvent de bonne volonté, il est malheureusement bridé par une centralisation trop grande des décisions.

Cette centralisation donne des conséquences absurdes : dans une région bilingue, l?enseignement y est monolingue. Malgré un mouvement timide de scolarité en immersion, la demande pour ce type d?écoles n?est pas satisfaite. Il en va de même pour d?autres matières et approches pédagogiques qui sont loin d?être en phase avec l?évolution de notre société.

Nos dirigeants pourraient s?inspirer de ce qui fonctionne ailleurs et surtout laisser les gens du terrain prendre les décisions. Voici trois pistes pragmatiques à considérer.

  1. Régionaliser l?enseignement

La première piste qui tombe sous le sens est la régionalisation de l?enseignement. Bruxelles n?est ni la Flandre ni la Wallonie. Nous avons une population d?origines et de cultures diverses. Nous sommes la seule région bilingue du pays. Le secteur tertiaire est plus développé à Bruxelles que dans les autres régions.

Ces 3 raisons justifient une gestion différente en RBC des autres régions belges.

  1. Autonomie complète des écoles

La régionalisation participe à la décentralisation. Mais ce principe doit être poussé jusqu?au bout. Laissons les gestionnaires d?écoles et les professeurs être totalement autonomes pour développer leur programme et choisir leurs méthodes. Cela permettra une plus grande créativité et des programmes répondant mieux aux attentes des parents. En effet, une offre différenciée amènera les parents à pouvoir comparer les écoles et à faire leurs choix en fonction de leurs préférences. Cette saine concurrence entre écoles amènera une évolution de la qualité.

  1. Chèque scolaire

L?autonomie complète des écoles ne peut fonctionner que grâce à une modification profonde du financement. Il faut cesser de subventionner les écoles. Il faut subventionner les élèves. La meilleure méthode pour y parvenir est le chèque scolaire ou chèque éducation.  Le principe consiste à donner à chaque parent un chèque annuel qui ne peut être utilisé que dans le paiement d?une école. Cette école se fait payer alors le chèque par le Ministère de l?Education. Les avantages sont multiples : responsabilisation des établissements scolaires et des responsables éducatifs qui amènera un système plus juste, plus efficace et plus adapté aux spécificités et aspirations de chacun. Cela permettra également aux parents de se rendre du réel coût de l?éducation.

Nos dirigeants politiques doivent arrêter de voir dans l?éducation l?opportunité d?y imposer leur idéologie. Ils doivent faire preuve de pragmatisme et s?adapter aux réalités de la vie.  Le chèque éducation a été mis en place en Suède avec succès depuis 1992. Un petit voyage jusque Stockholm, Göteborg ou Malmö Madame Milquet ?

Credits: Creative Commons Alain Bachellier

1 COMMENT

  1. Le bilinguisme à Bruxelles est l’héritage de la fédéralisâtion du pays dans les années 90. La région est bilingue, mais les familles ne le sont pas, o pas forcément. Je ne vois pas pourquoi l’on devrait imposer une culture différente (cad une langue différente) aux 3/4 de familles francophones qui habitent la capitale, ni au 1/4 de néerlandophones. Ce n’est pas cela le rôle de l’éducation. De fait, le bilinguisme aujourd’hui à Bruxelles est essentiellement un filtre laborale imposé par le politique. IMHO

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