Musikometro, chronique groupée

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Les BxlBloggers n’ont pas raté un des nombreux évènements bruxellois de ce week-end, j’ai nommé le Musikometro. Le concept est le suivant : des artistes belges issus des deux communautés linguistiques se sont produits ce samedi après-midi en toute simplicité dans quelques stations du centre ville. Une initiative du Ministre Bruxellois de la Mobilité et des Travaux Publics pour promouvoir les transports en commun de la capitale (un truc comme un autre pour faire descendre dans les stations de métro des amateurs de musique en tout genre). On retiendra surtout de l’évènement une occasion assez rare de re-découvrir des artistes de chez nous sous un autre angle. Une musique loin des strasses des grosses scènes et des éclairages qui lissent les traits. Une approche intimiste, une mise à nu qui révèle l’essence même du travail des artistes. Chroniques de Mélissa, Mich et Exibit…

Jaune Toujours
Le groupe zinneke bruxellois a donné une bonne leçon de belgitude en interprétant leur répertoire tantôt en Français tantôt en Néerlandais. Le chanteur-accordéoniste avait pris l’option de chanter dans un mégaphone. Malgré la présence d’un percussionniste, d’un joueur de cuivre et des mélodies folk parfois entrainantes, ils ont fait une prestation avec peu de nuances dans la station Botanique.

Jaune Toujours

Hollywood Porn Stars
Changement de public à la station du Parc. Les P*** stars se font un peu attendre, les groupies (moyenne d’âge -10 par rapport au Botanique) s’impatientent et ajustent leur look. Dès l’arrivée des musiciens, la foule se lève et se presse autour de la minuscule scène installée dans le couloir d’entrée. Celui-ci se fait rapidement exigu. J’étais très curieux de découvrir une version acoustique de leur répertoire (très) rock. J’ai été tout simplement conquis. La voix typée d’Anthony fonctionne à merveille sur les cordes non amplifiées des 3 guitares. Comme Jaune Toujours, le batteur avait pris l’option de s’asseoir sur une caisse de résonnance. Après 20 minutes, Anthony annonce la dernière, le public quittera la station avec un goût de trop peu, dure loi des « festivals ».

Hollywood Porn Stars

An Pierlé
An Pierlé, accompagné de Koen Gisen (« White Velvet »), a du au mieux utiliser sa voix dans la grande salle de la station Botanique. La Tori Amos flamande a une fois de plus prouvé qu'elle était inséparable de son piano, en en emportant un en plus petites proportions, ce qui était plutôt comique sur 'Sing Song Sally'. Il faut dire qu’en espace, la station Botanique était vraiment parfaite pour ce genre de concert.

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De Mens
Arrivé avec un peu de retard à la station Botanique, je n'aurais vu qu'une maigre partie du groupe flamand De Mens, mais j'aurais quand-même réussi à reconnaître 'Sex Verandert Alles' et a voir qu'ils réussissaient à emporter la salle dans le rythme de leurs chansons. Petit fait sympathique : Frank Vanderlinden habitait jusqu'il y a quelques années à Schaerbeek. Je le croisais souvent dans le tram 23.

De Mens
Photo Mike Reys

Sharko
Station Yzer/Ijzer, informée par « un vent favorable » du line-up du jour, j’élis domicile dans cette station de la ligne 2. Là où les choses se compliquent, c’est qu’il y a deux « podiums » d’artistes qui joueront quasi en même temps, ce qui donnera lieu à des moments plutôt cocasses de courses sur les quais du métro pour essayer d’en manquer le moins possible. Tout en décontraction, Sharko est déjà installé sur le coté « Boulevard d’Anvers ». Le spectateurs sont proches. Très proches. De la distance que l’on met entre soi et ceux qui nous offrent de la musique pour quelques pièces. Rameuté à coup de SMS, le public commence à grandir alors que David entame son mini-set. Serrés l’un contre l’autre, le groupe prend le temps de I Went Down pour prendre ses marques. Pour eux, comme pour nous, c’est une première. Et il sera assez curieux de constater à quel point les différents musiciens (à part quelques exceptions) auront l’air mal à l’aise et regarderont à peine le public, trop de proximité sans doute. N’est pas musicien public qui veut! Enfin, David retrouve sa légendaire énergie et, après nous avoir fait crier et chanter en cÅ?ur au son de son ukulele, le groupe invite le public à le suivre, en métro, à la prochaine station. Le temps de courir de l’autre côté et Joshua joue la dernière minute de Punk Rock Song.

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Gabriel Rios, Roland Van Campenhout & Flip Kowlier
Le joli Gabriel Rios ramène un peu d’exubérance latino et américaine. Mais de lui ou d’un de ses partenaires guitaristes au look oscillant entre le biker et le vieil hippie, on aurait du mal à dire qui était la star. Un set folk joyeux qui seyait particulièrement au concept de Musikometro.

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Boney King of Nowhere
De l’autre côté de la station, avec The Boney King Of Nowhere, ce n’est pas la même ambiance. Affrontant tout seul le public, ce grand jeune homme à l’air timide à de très belles mélodies mais une voix si douce que le moindre bruit la couvre, alors une rame qui passe, pensez-vous!

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Les collègues de Brusselblogt sont également descendus dans les sous-sols de la ville. L'ensemble de nos photos peuvent être retrouvées sur Flickr sous le tag 'musikometro'.

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