Bruxelles, par MrP & MrF

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2040

J'ai découvert Bruxelles à mes 18 ans, lors de ma rentrée à l'U.L.B. en première candidature en Psycho. Non pas que je n'habitais pas Bruxelles, non, mais parce qu'avant ceux-ci, mes sorties se limitaient au parcours école-delhaize-maison.

J'ai découvert ce microcosme Ulbien, les jefkes (ahhh, que de souvenirs pour bien d’entre nous), les plaines de l' U.L.B. et ses lapins, et bien au delà, la ville et son immensité.

J'ai commencé à apercevoir quelques chemins que j'emprunterai plus tard, (notre cher bois de la cambre, véritable poumon vert en plein milieu de notre ville, fermé à la circulation le dimanche pour laisser nos concitoyens s'adonner au plaisir du roller, de la poussette, du vélo sans risquer de passer à trépas par une voiture), le Heysel et son complexe Kinépo-Restosâ?¦

J'étais comme Indiana Jones, je découvrais Bruxelles, cette capitale unique.

J'ai découvert la vie estudiantine, la fête, ces terrasses l’été, ses Kriek, ses mojito’s à la Belge si différents selon l'enseigne, ses sdf parfois également, un soir d'une fugue idiote un jour, qui m'a également donné un regard plus objectif sur la pauvreté, en discutant avec des personnes qui n'ont pas forcément eu la chance que nous avions, prêtes à partager également leur seul repas du soir à une âme errante.

Car Bruxelles ne se résume pas aux Halles Saint-Géry, à une pitta chez Yasmina près de la grand place, où à ses Kriek, non ! Ce serait l'insulter.

Bruxelles, c’est le parfum d’une Kriek en écoutant Piaf ou Jacques Brel, c'est un Lambik à la Bécasse, c’est ce sens de l’auto-dérision par l’essence même de notre manneken-pis, c'est aussi ce pot-au-feu de gens de toute religion, race, couleur, c'est le centre-ville et ses multiples ruelles qui nous feraient presque passer d'une époque à l'autre à un détour, ou cette impression que le temps se ralentit, à la saveur d'une bouchée de manioc au quartier Matongé.

Finalement, ne vous demandez-vous pas si tout ceci s'explique par le fait que Bruxelles soit la capitale de l'Europe, où si finalement ce n'est pas le fait que Bruxelles, par sa définition, par son essence même, par toutes ces choses, c'est peut-être ce qui a fondé le cÅ?ur et l'esprit de l'Europeâ?¦

5 COMMENTS

  1. Autour d’un blog, d’un verre, d’une terrasse, l’on se retrouve toujours.

    Prochainement, nous nous retrouverons chez Sakura, et invitablement, l’Atelier

  2. Ooooooooooooh, encore quelqu’un qui parle des ‘Jefkes’ au pluriel. Que de souvenirs…

  3. Au dla de vos souvenirs d’etudiant(il y a-t-il qqchose comme des souvenirs strotyps? Jeeez j’ai fait l’ULB je dois etre la seule a ne aps avoir des souvenirs comme a je dois etre un alien venu du froid, il me semble que Bruxelles est juste un ensemble de guettos relis par des no-mans’ lands, des non lieux(bureaux/blvds/ce metro), et des frontires floues et magiques, o les faunes se cotoient dans de rites rassurants, sans se rencontrer vraiment, o chacun reste dans son petit coin a cause de la peur ou le mepris, et n’en sort que dans de rares moments et des lieux, codifis d’avance. Voyez la place du Jeu de Balle et la rue Haute un dimanche matin (mais pas les ruelles d’ cot le lendemain!).

    Voyez la fin de la rue Dansaert, endroit magnifique de sens, paradis d’anthropologue, o le canal surgit comme frontire ultime (parce que mme la branchitude extrme a ses limites) avec cet au dla o l’on se s’aventure gure (ce collapse social et economique qu’est Molenbeek).

    Au dl des Krieks et des Lambics et autres souvernirs prets-a-penser si « Bruxellois »,au dela bien sur des halels st gery et sa plate branchitude bien sage, moi je vois une Bxl tourmente et chaotique, en plein processus de « boboisation »: uniformisation des modes de production et consomation de la culture et de l’espace,et du sens qui s’en dgage, une ville vivante, convulse, mais morcelle: il n’y a pas une Bruxelles mais plein et elles n’ont pas entendu parler les unes des autres, elles cohexistent en s’ignorant,d’une rue l’autre on n’est plus l. Moi j’aime ce conglomerat qu’est Bruxelles. Son manque de glamour total. Sa provincialit totale (elle doit maintenant porter cette etiquette de capitale d’Europe, et elle n’e a rien foutre!). J’aime passer d’un espace un autre, sauterelle culturelle. J’aime les non lieux de Bruxelles, vides de monde,plein de vide.

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