le schieve blog

le feuilleton du printemps 1 : la fin des doudounes22.04.13

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L’hiver était… liquidé.

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Le feuilleton de l’été 712.07.12

Gars qui lit un feuilleton dans le journal

 

Lecteur, ta vision du couple éclaté, je la comprends. Le couple n’est pas le héros de l’été. L’été, c’est fait pour batifoler, pour finasser, pour cagoler, (quand on est une fille), ou pour alpager (quand on est un garçon.)

Mais là, c’était reparti. Il repleuvait. Et Monsieur Détecteur pleurait un peu son amour enfui, pendant qu’on redescendait la Chaussée de Vleurgat.

Arrivés avenue Louise, le tram presque vide, pas suffisamment écrasé par la chaleur, pas assez moite et sexy, couina à nos oreilles, ambiance Sergio Leone.

Monsieur Détecteur sécha ses larmes, on arrivait chez des clients qui souhaitaient sécuriser leur maison bruxelloise avant de partir pour les vacances. Ce n’était plus le moment d’être sentimental. Il me proposa de l’assister, ambiance secrétaire à prospectus. Je lui posais plusieurs questions un peu techniques sur le goût des autochtones pour les produits de surveillance. Aucune réponse ne remplacerait un exemple, il sonna à la porte.

 

Les clients en question vivaient rue de la source. Le haut de la rue. Parce que le bas, dès qu’on dépassait la Place Loix, ça n’allait plus. Ils avaient une image de la ville très précisément découpée en fonction des zones réputées sensibles, et défendaient la thèse de la dangerosité du bas de Saint-Gilles, et de l’infréquentabilité de bons nombres de communes. C’était une thèse pratique, que Monsieur Détecteur ne démentit pas, en m’engageant à déplier et commenter le prospectus adéquat. Il avait un certain tact pour ne pas froisser ses (prospectus) clients, au risque de sembler défendre une idéologie de la ville basée sur la peur et la compartimentation des habitants en fonction de leur degré de respectabilité.

 

En attendant, on recevait les confidences de Madame, et un café. Le bitume, sous la pluie, l’été, non merci. Ils aimaient le café en capsules et les aménagements aussi indétectables qu’efficaces. Je souriais un peu jaune, mais les arguments étaient là. L’insécurité, ça n’était pas pour eux : un problème de gens pas assez organisés. Monsieur Détecteur écoutait les besoins, sans interrompre, prenait des notes, et promit un devis rapide, avec délai d’installation, et coût. Sans compter le petit geste commercial qui faisait toujours son petit effet.

 

Nous sortîmes de la maison. Je lui demandais si nous pouvions nous revoir, bientôt. J’insistais. C’était l’été, j’avais (besoin d’un personnage pour mon feuilleton) envie de me perfectionner en surveillance. Qui sait ? (Je serais peut-être une très bonne représentante ?)

 

Monsieur Détecteur hésita, comme s’il me cachait quelque chose. Il me tendit une carte un peu cornée, je pouvais l’appeler, si vraiment je n’avais rien d’autre à faire. Et si j’étais prête à prendre sur moi les phobies matérielles des autres. Il n’avait pas l’air de considérer ma vocation (mon feuilleton) très au sérieux.

 

« L’année prochaine, je me lance dans les détecteurs de connerie. », conclut-il d’un air las.

 

Et toi, la connerie, lecteur qui connaît la vie, la connerie, tu l’aimes, ou tu la quittes ?

 

À suivre

Aliette Griz

les feuilletons précédents :

6

5

4

3

2

1

 

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C’est tramatique 5/512.06.12

La cinquième fois, que j’ai voulu prendre le tram, je le voyais de loin, il allait s’avancer, déjà un peu en retard, moi aussi, il était temps. Mais un problème, l’aiguillage l’avait dérouté, il n’était pas arrivé pas au bon endroit. Il était stoppé cinquante mètres avant le quai. Personne ne bougeait, l’habitude. Ça finirait bien par s’arranger.


Le conducteur devait faire quelque chose, c’était sûr, et effectivement, il se levait, traversait son tram, pas pressé, aucune précipitation dans ses pas, comme si tout était prévu. C’est pratique un tram il y a un poste de pilotage de chaque côté, mais il faut quand même se décider à s’engager dans un sens. Le conducteur n’avait pas l’air sûr de lui : une fois arrivé, il avait fait demi-tour, et était retourné s’installer dans le poste avant. L’avant, l’arrière, dans un tram… C’est très relatif. Peut-être que le chauffeur hésitait. En tout cas, il passait et repassait d’un poste de pilotage à l’autre, plusieurs fois.

Le tram ne repartait pas.


Sur le quai l’inertie était à son comble, je comprenais mieux les problèmes d’horaires. S’il faut chercher sans cesse vers quelle direction aller, ça complique : “alors, j’y vais ou pas, oui, bientôt, presque, quand je serais prêt.” (simulation du discours interne possible du chauffeur de tram).

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Le feuilleton des 5 ans : C’est tramatique 1/507.06.12

Il y a cinq ans, Bxlblog publiait ses premiers articles. 5 ans.  Du temps où les trams étaient encore tous jaunes et bleus, où les carnets ignoraient encore les smartphones et où je n’avais aucune idée du point de rencontre entre mes mots et la ville. Mais je prenais le tram, et, dans le tram, je rencontrais des gens de Bruxelles. Voici le feuilleton en cinq épisodes (garni d’hyperliens historiques tirés du blog) de mes aventures tramatiques.



« Jaune et bleu. C’est primaire. Pour compléter la couleur, on met des gens dedans. » Monsieur Détecteur


Les grandes choses de cette vie doivent parfois se conquérir patiemment, sans faire l’économie d’échecs de débutants, débuter c’est un art. La première fois que j’ai pris le tram, à Bruxelles, je suis partie dans le mauvais sens, j’étais arrivée en courant, sautant au hasard dans le premier que je voyais, il allait repartir, c’était peut-être le bon. (Pas du tout.) Pourtant, je n’ai pas regretté. J’avais déjà fait la même chose dans d’autres villes, senti l’adrénaline (ou quoi ? Un truc qui tend les muscles, tandis que dans la tête, l’inquiétude du je-sais-pas-où-je-suis-ni-où-je-vais-merde, grandit.)


Parce que sauter dans un tram, vers une destination imprévue, c’est une audace à la portée de tous, presque l’aventure pour 2€ seulement (le prix du billet). À moins d’être particulièrement psychorigide, c’est tout à fait conseillé pour la dépression chronique due au manque de vitamine D. Il n’y a pas assez de soleil à Bruxelles : il faut trouver des stratégies. Sans compter que ça laisse la possibilité de se perdre parmi les rues éventrées qui vous boucheront le passage. Dans un tram inconnu on ne subit plus les nouveaux travaux provisoires pas annoncés, on les contemple : là, de l’autre côté, c’est là, mais on peut pas passer, tant pis.


C’était mon galop d’essai, tout le monde courrait vers ce tram-là, il avait forcément quelque chose en plus que les autres, toujours faire ça quand on se déplace en terrain inconnu : suivre. Mais une fois installée dans le mauvais tram, c’était un peu comme dans tous les autres, il y avait relativement peu d’air et de place, sans la garantie habituelle d’arriver à destination, d’autant plus que c’était le tram que tout le monde avait voulu prendre, il était bondé. Ayant constaté une fois de plus, que non, le hasard ne fait pas bien les choses, j’ai fait demi-tour dès que possible.

À suivre.

Aliette Griz

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STIB : Y en a marre (de tout)10.04.12

Mardi matin, vacances scolaires, pluie contre les vitres. Déprime. Un jour où l’on n’a pas envie de sortir de chez soi.

Mais rester chez soi, par ce temps, c’est encore plus déprimant. Alors il faut sortir, affronter les éléments et se rendre là où nos obligations plus qu’obligatoires nous attendent. Et un peu de chaleur humaine, peut-être…

Sauf qu’en ce petit mardi d’avril, où l’on se couvre d’écharpes, bonnets et imperméables et où l’on réfléchit à l’idée de ressortir les gants, c’est l’enfer.

On nous avait promis un enfer brûlant, aux flammes de Lucifer, on nous a menti : l’enfer, c’est un petit matin de pluie où l’on attend son bus en vain…

Les nouvelles, nous les connaissons. La violence, nous la condamnons. Des solutions, nous n’en avons pas forcément.

Il était important, et j’ai soutenu ce discours ce week-end, de marquer le coup. Qu’un employeur décide d’arrêter ses activités commerciales parce qu’un de ses employés est mort dans l’exercice de ses fonctions est un geste humain et, en faisant cela, la STIB en tant qu’entreprise a eu toute ma sympathie.

Trois jours. Trois jours à se débrouiller (ou ne pas trouver de solution) pour se déplacer.

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