BSF 2014 : chronique d’une édition sans grande surprise

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Brussels Summer Festival 2014 - Mont des Arts

Cet article a été rédigé conjointement par plusieurs membres de BxlBlog.

Le plus gros festival bruxellois vient de fermer définitivement les portes de son édition 2014. Retour sur un parcours de 10 jours qui n?a pas laissé indifférent le public de la capitale (et d?ailleurs).

Un festival que nous sommes nombreux à attendre, tant il a réussi au fil des ans à s?imposer comme un événement incontournable de Bruxelles en plein c?ur de l?été. On a pourtant pas mal grimacé en se pointant à l?entrée le vendredi 8 août?

Tout commence par un fléchage imprécis et des membres de la sécurité présents en nombre insuffisant aux endroits stratégiques face à la foule arrivée en masse. Ils en perdent évidemment leur patience et leur tact nous demandant assez brutalement de nous diriger par là, de faire le tour par-ci. On finit tout de même dans une file entre les barrières nadars qui devrait nous permettre d?obtenir rapidement le bracelet d?accès. Arrivés à hauteur du « scanner » de tickets, la pauvre mademoiselle n?a plus de bracelets et bloque donc la file, les premières notes de Skip the Use démarrent au loin, les premiers grincements de dents se font entendre (plus fort que la sono). L?attente ne sera pas longue, on reste cordial et découvrons le nouveau système de fixation des bracelets autour du poignet : fini le poinçon métallique place au plastique? qui ne se ferme pas bien. Le mien tiendra 2 heures, mon bracelet étant alors « retirable » à souhait. Autant dire que je ne fus pas le seul à le porter !

La 1ère bière

Un des premiers réflexes de festivalier est généralement de trinquer à cette belle soirée musicale qui commence. Mais les files pour obtenir des jetons sont énormes. On entend dans la foule les gens se plaindre car le système Bancontact ne fonctionnait pas au moment du paiement. D?un tempérament impatient j?avoue m?être alors tourné vers un plan B : certaines cahutes de restauration diverses ont également de quoi remplir nos gosiers en échanges de vrais euros et pour pas plus cher. Situation d?autant plus regrettable que les bars du festivals sont vides ! Cette situation ne peut-elle réellement pas être évitée ? Les points d?accès aux jetons resteront toute la soirée bouchés, ce n?est finalement que le samedi que nous finirons pas prendre quelques minutes raisonnables pour en obtenir. La situation étant cette fois inversée. Une foule au bar, 20 minutes pour obtenir deux bières (2,50? le refill de 25cl dans un gobelet en plastique, on la savoure cette bière). J?avoue avoir oscillé entre l?énervement et un regard de tendresse face à l?étudiante bénévole de l?autre côté du bar tenant maladroitement la bouteille de Coca à deux mains. Pas étonnant que cela prenne autant de temps !

Et la bière de trop

Les jetons du BSF sont disponibles sur tous les sites du festival. L’avantage, théorique, est donc de pouvoir acheter sa boisson, alcoolisée ou non, dans tous les bars gérés par les bénévoles. On peut se balader avec sa bière partout, garder son verre, redemander un ‘refill’, grâce à la nouveauté de cette année: un boy portant 10 ou 15 litres de bière sur le dos, et prêt à vous servir moyennant les précieux sésames. Un soir, après avoir quitté le Mont des Arts avec un verre encore rempli, une amie se dirige au BIP (le Brussels Information Point, place royale), désigné par le BSF comme le lieu idéal pour l’after-party. Sauf que cette bière pleine a été refusée à l’entrée. Un ad fundum plus tard, nous avons pu gravir les marches du BIP, et danser sur les rythmes endiablés du DJ… devant le bar qui servait exactement la même bière, avec les mêmes jetons et … au même prix. Allez comprendre la réelle raison des videurs!

C’est pas grave, il y a les écrans géants

Brussels Summer Festival 2014 - Place des PalaisPas toujours bien placé dans la foule (l?expérience du grand gaillard qui vient se placer devant toi, on l?a tous vécu en concert), on tourne parfois le regard vers les écrans qui diffusent les images du concert en direct. Exercice finalement difficile car son et image ne sont pas correctement synchronisés, un léger décalage fait comprendre à notre cerveau qu?il y a un problème, il vaut donc mieux bouger légèrement, essayer de se rapprocher pour privilégier le vrai contact avec la scène.

On a soupiré quand on nous a demandé 0,50? pour accéder aux pissoires mais on a carrément écarquillé les yeux au lendemain apprenant dans la presse que le système de sécurité du festival n?avait pas retenu la leçon du malheureux fait divers de l?année passée.

En public fidèle nous avons suivi ce festival sur plus de 10 ans. En plus du poids des ans sur nos épaules, nous avons connu le changement radical d?un accès au festival originellement gratuit à la version payante actuelle (60? pour les 10 jours en billetterie). Rien d?anormal à constater que notre exigence a également évolué et que nous sommes en état de pouvoir comparer les éditions et ce qui se fait chez les frères et s?urs (Ardentes, Esperanzah!, Werchter?). On regrette donc qu?une série de maladies ne soient pas traitées au fil des ans, on se met à rêver que l?édition 2015 nous accueillera avec une organisation qui ne souffrira plus d?un flagrant manque d?échauffement.

Nous n?avons pas pu voir tous les artistes, l?affiche de ce festival étant particulièrement étoffée s?étalant, de plus, sur 10 jours. C?est sans doute son principal intérêt, il y en a pour tous les goûts !

08.08

Skip The Use

La place du premier groupe n?est généralement pas la plus facile, un défi qu?à bien relevé le groupe originaire de Lille. Sans doute étaient-ils même parfaits pour ce rôle, parvenant à dérider les plus endormis par la semaine de travail. Sans atteindre la puissance rock qu?on a pu vivre avec eux dans une salle comme l?AB, on a tout de même assisté à un bon concert, Mat Bastard (le chanteur), assumant complètement son rôle de leader et d?animateur. Voir des mecs avec une telle pêche sur scène, ça met de bonne humeur et laisse présager de bonnes choses à venir.

Patti Smith

Il n’y a pas d’âge pour cette grande dame du rock ‘n roll. Patti Smith a enchaîné les tubes, déchaîné les passions dans la foule, et a ravivé les esprits les plus jeunes avec ses morceaux intemporels. A 67 ans, elle aura émerveillé plusieurs générations devant le Palais Royal… Clin d??il particulier au petit d’une dizaine d’années qui, à la fin du concert, fredonnait sans s’arrêter, Gloria, enregistré en 1975 ;)

M

Avis partagés. -M- semblait ravi de faire sa plus grosse date belge à son palmarès. Mais l?euphorie était principalement concentrée sur les premiers mètres de la scènes, les fans, les vrais. Ceux qui sont habitués aux solos interminables du Jimi Hendrix français.

Mathilde Renault

Une belle petite découverte dans le cosy Magic Mirror. Mathilde semble avoir remplacé au pied levé Anwar (annoncé dans le programme). Une magnifique voix qu’elle accompagne magnifiquement de ses doigts pianotant sur le clavier. On pense à An Pierlé évidemment mais aussi à Suzanne Vega dont l’univers pop semble plus proche.

09.08

Milky Chance

Une déception, alors que la foule, jeune, était pourtant très enthousiaste, criant sa joie à chaque « thank you ». L’album était la promesse d’une belle performance mais noyé dans un son très « basse », on a perdu la magie des voix qui s’emmêlent. Bref, un groupe qu’il vaut mieux écouter au casque ou revoir dans une petite salle.

Ozark Henri

Ozark, on t’aime pour ce que tu représentes mais on t’a trop vu et trop entendu. A la 2e chanson on a fui la place.

10.08

DJ Darkmatter – soirée BIP

Ambiance sympa au BIP, on ne les a pas toutes faites, mais nous n’avons eu que des échos positifs par la suite.

11.08

Psy 4 de la Rime – Patrice – IAM

Dernier soir sur la place des Palais, il était temps, les voisins commençaient à se plaindre, le hip-hop français d’IAM n’était pas du goût de tous les Bruxellois alors que leurs « rimes » s’envolaient jusqu’à Jette ou Schaerbeek. Ce qui a surtout surpris dans cette soirée c’est la programmation : un Patrice coincé entre deux groupes de Hip Hop, ce qui a pour conséquence un déplacement de foules de « genre », les uns s’en allant faire une pause à la sortie  de Psy4 de la Rime avant le retour  des rappeurs de Marseille. Nous ce fut l’inverse : on a juste passé un bon moment avec Patrice, comme d’habitude…

13.08

Oyster Node

Un coup de c?ur belge! Julie Rens, la charmante chanteuse fait penser à une Selah Sue aux cheveux noirs, et propulse sa voix sur des airs d’acid jazz, entre Jamiroquai et les Brand New Heavies. Une belle découverte programmée bien trop tôt (18h) pour assouvir un public peu nombreux encore à cette heure-là au Mont des Arts.

Winston McAnnuff & Fixi

Il aura fallu un peu de temps pour nous convaincre. On a moyennement accroché à l’accordéon en mode reggae-dub, les passages au piano étant nettement plus convaincants. Mais le final était magistral, un Winston enchaînant de grands airs (Sweet Dreams, …) dans un medley groovy. Mention spéciale au « Human beat box » qui a assuré comme une bête.

Ayo

Suite à son concert à Esperanzah!, Ayo a pu mettre le ‘fire’, avec tantôt son humeur ultra positive (la paix à travers la musique), tantôt ses talents de chanteuse et de percussionniste le temps d’un morceau, pour finalement conclure avec une belle reprise des Jackson 5,  I’ll be there. Respect.

16.08

My Little Cheap Dictaphone

Il fut un temps où au simple énoncé d’un groupe belge, on s’emballait d’amblée. Ici, ça sentait le réchauffé du début 21e siècle, mais le c?ur n’y est plus. Ou alors on a tout simplement vieilli. En tout cas la magie n’a pas pris.

Emiliana Torrini

Un Mont des Arts qui n’attend qu’une chanson pour sauter, voilà ce qui attendait Emiliana. Jungle Drum, vous avez certainement entendu ce morceau. Il a propulsé la chanteuse islandaise (d’origine italienne) en haut des charts en 2009. C’était également la dernière chanson de son set, très lent, et dont le public n’avait que faire… Pas évident de réveiller l’émotion, mais elle a tenu bon. Un Magic Mirrors aurait pu faire l’affaire, certainement.

Punk Party

C’était sans doute le « the place to be » du samedi. Une ambiance de feu, une foule bigarrée, un tantinet dangereuse mais pas de doute après cela on a dormi comme des loirs !

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