Promenade de bouquinistes en librairies et incursion dans l'édition électronique

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Au détour d'une conversation, il arrive qu'une personne se remémore avec angoisse le film d'horreur qui a marqué son enfance. Des images sanglantes ou encore l'atmosphère d'épouvante, qui l'ont empêchée de dormir plusieurs nuits de suite, lui reviennent à l'esprit. Il arrive même qu'à l'âge adulte, le souvenir du cauchemar vienne encore la hanter.

Les films incriminés sont souvent ceux de la série des Freddy, L'Exorciste, Carrie ou tout autre film tiré de l'oeuvre de Stephen King, les Dents de la mer, Le projet Blair witch, Le cercle et quelques autres….

Pour ma part, je devais avoir environ huit ans quand j'ai vu le film qui m'a littéralement terrifiée.
Farenheit 451, de François Truffaut.

Non, ce n'est pas un film d'horreur.

Mais pour la lectrice avide que j'étais déjà, ce film représente l'enfer absolu. Ce petit extrait m'a rappelé mes terreurs enfantines… Ceux qui partagent la même passion compatiront…

Depuis que j'ai appris à lire, je suis une dévoreuse de bouquins qu'il faut parvenir à nourrir.

Enfant, mes parents me donnaient quelques sous pour que je puisse me procurer des livres lors d'une de ces brocantes de quartier qui ont lieu un peu partout à Bruxelles, en juin et en septembre essentiellement. J'avais le droit de m'y promener seule et de visiter les nombreux étals. Il me fallait marchander durement afin de ramener le plus grand nombre de livres avec le budget que l'on m'avait attribué.

Les étagères de ma chambre se remplissaient de 'Martineâ? et de Bibliothèque rose avant que je ne sois assez grande pour passer à la Bibliothèque verte…

Bien sûr, la bibliothèque communale faisait également l'objet d'une visite hebdomadaire afin de pouvoir emprunter des ouvrages. Personne à la maison ne surveillait mes lectures, le hasard des rayons m'ont parfois amenée à lire certains d'entre eux avec un peu trop d'avance… J'en garde un souvenir ému, même si je dois bien avouer que je n'ai pas toujours tout saisi.

En grandissant, je n'attendais plus la saison des brocantes pour me réapprovisionner. Je me rendais chez les bouquinistes : ceux de la Galerie Bortier ou encore chez Pêle-Mêle, sur le boulevard Lemonnier, qui a vu, depuis, affluer autour de nombreux concurrents, faisant de cette zone le quartier des bouquinistes…

Galerie Bortier - Photo de Emilio Quintana

J'ai également un excellent souvenir de promenades familiales à la Foire aux livres, dont je sais qu'elle continue à se tenir tous les premiers samedis du mois au Musée royal de l'Armée et d'Histoire militaire, au Cinquantenaire.

Avec l'âge adulte, la possibilité d'acheter des livres à tout moment s'est encore accrue. J'ai profité des librairies ouvertes le dimanche : Filigranes à Arts-loi et Tropismes, dans les Galeries de la Reine.

Plus tard est venu s'y ajouter Cook&Book, à Woluwé. J'ai ensuite découvert la libraire Candide sur la Place Brugmann, parfaite les jours de beau temps. Tout cela avant que Brüsel ne vienne s'installer au coin de ma rue, me rendant un peu paresseuse. Pour le seconde main, je ne vais pas bien loin non plus, grâce à l'Oxfam Bookshop de la chaussée d'Ixelles.

Et je ne parle pas de toutes les autres librairies décalées que j'ai déniché depuis (Maëlstrom, les librairies de l'avenue Jean Volders à Saint Gilles, la librairie Aden et Husson dans la même commune) ou encore les bibliothèques anarchistes (Acrata au Centre ville, ou la toute récemment ouverte Bibliolibre, au 131 de l'avenue Buyl) qui me rappellent un peu l'atmosphère du film de Truffaut !

Depuis, j'ai grandi et notre monde a changé. Il arrive que certains prédisent la fin du livre 'papierâ?, avec les angoisses que cela me procure. Non pas parce que je suis contre les avancées technologiques, mais simplement parce que j'ai été marquée par Farenheit 451…

Vaille que vaille, j'ai ouïe dire que les maisons d'édition se mettaient au livre électronique, mais avec un peu de mauvaise volonté et en blâmant 'l'Internetâ? que les affaires vont mal. Alors que je ne peux que constater que l'on se bouscule dans les librairies que j'ai cité, là où avant, peu de monde partageait ces moments avec moi !

Ceci dit, j'ai continué à lire sur papier, mon écran ne me semblant propice que pour la lecture d'articles.

Puis, dans notre ville, est née une maison d'édition cent pour cent numérique. Onlit, dont j'ai appris l'existence en septembre (alors qu'elle existe depuis 2006) lors du vernissage de lancement du Brussels Art Factory, où elle a ses bureaux. Créée par des Bruxellois, elle est une des seules maisons d'édition numérique en terre francophone !

C'est peut-être parce que je me sens proche des créateurs (bien que je ne les ai jamais rencontrés), que je me suis finalement décidée à lire 'monâ? premier e-book. Le choix d'un livre est souvent question d'émotions…

J'ai donc lu d'une traite, en un week-end, les quatre premiers e-books qu'ils distribuent. Mon doigt a glissé sur l'écran de ma tablette avec bonheur.

Passant, comme j'ai l'habitude de le faire depuis toujours, d'un bouquin à l'autre, les livres en format papiers n'ont pas été laissé de côté : j'ai terminé la lecture de 'Et que le vaste monde poursuive sa course folleâ? de Colum McCann grâce auquel je me suis baladée à travers les hauteurs new-yorkaises, j'ai avancé dans 'Ambiguïtésâ? de Ellliot Perlman qui me permet de vivre par intermittance à Melbourne, dont les huit cent et quelques pages sont une joie que je lis sciemment avec lenteur pour vivre plus longtemps avec cette histoire et ces mots…

Avec ma tablette, c'est à travers les les quatre premiers e-books distribués par Onlit éditions que j'ai surfé.

Cela m'a conduit dans une balade à travers notre ville grâce à Bruxelles-Midi (un recueil de nouvelles de plusieurs auteurs) et à Mirador (de Patrick Delperdange), que j'ai lu d'une traite en une heure ou deux tant le suspens a fonctionné.

Grâce à L'orage (de Jacques Mercier),  j'ai joint ma réflexion à celle de l'auteur autour des questions sur le passage des années et celui des bibliothèques 'papiersâ? aux bibliothèques électroniques.  Enfin, je me suis amusée avec Corentin Candi ne s'est pas fait en un jour (de Corentin Candi).

Parce que la maison d'édition est bruxelloise, je tenterai l'exercice, inédit je l'avoue, de la critique de ceux-ci dans une série d'articles sur la question.

Pour l'heure, il est temps pour moi de retourner à d'autres activités… Quand je vois la longueur de ce texte qui se voulait une simple introduction, il semblerait que j'écris comme je parle, lis et sors : beaucoup !

4 COMMENTS

  1. suis mon premier ebook et avais anvie de partager autour d’un « caf- e book », cela se fait dans certaines villes francaises mais Bruxelles je n’est pas encore trouver de poin de rencontre et d’echange. Si jamais tu en entend parler ?! Merci

  2. Chouette on parle des bouquinistes : je connais aussi Images-368 chsse de Waterloo-1060-Bxl (plutt orient Anar et bonne littrature) – Il y a aussi rue du Midi « Evasions » qui a deux boutiques.

    Et si je puis me permettre, ce n’est pas « ALLE MANNEKE », mais alle MENNEKE (je suis une vieille bruxelloise !)

  3. bonjour,
    Moi aussi mon enfance ma guid vers les livres et quel bonheur chaque jour de pouvoir lire .
    j’avais un pre qui lisait des romans policier(srie noir) j’ai accroch avec bob morane, l’poque depuis suis un gros consommateur de livres et je dteste les tablettes .
    Rien de tel que de palper sentir un livre un rgal !!!!
    bonne lecture vous
    jean

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