du brol et des stuuts

bxl vu par… griz23.01.12

Je ne suis pas bruxelloise, et pendant longtemps, je ne me suis pas sentie bruxelloise, et ce n’était pas un problème, parce que Bruxelles est ce genre de ville qui n’exige rien, en matière d’adhésion, cette ville est un compromis, on peut l’habiter comme on veut, y croire ou pas, il y a énormément de gens de passage, et j’étais comme eux, je ne m’impliquais pas tellement, trop contente d’avoir trouvé un endroit où, malgré les crispations identitaires alentour, (ou peut-être à cause d’elles) on ne demandait pas de compte, j’avais l’impression d’avoir acquis le droit de venir de nulle part, pour aller nulle part. Mais, les années s’additionnant, le septième anniversaire approchant, oui, Bruxelles fait maintenant partie de mes villes, un peu plus, beaucoup plus que beaucoup d’autres que je n’ai pas autant tardé à habiter.

 

J’ai été une bruxelloise qui ne valait pas mieux qu’une touriste. Pas tellement mieux. Les touristes aiment les villes qu’ils parcourent, et cherchent (pour la plupart) à voir ce que les habitants vivent, à vivre ce que les habitants voient. C’est un beau programme, mais ça reste un programme. Je n’aimais pas tellement conduire, et je ne prenais que très peu le temps de découvrir la ville à pieds, ou en vélo, à part sur l’indépassable circuit qui part du Palais de Justice, descend vers les Marolles, Place du Jeu de Balle, chiner, (des malles, un téléphone grésillant, un pot à lait, que des choses de toute première importance…) et, dans les bons jours, se terminer autour de la rue du Lombard. Mais jamais, je ne traversais jamais le Boulevard Anspach. J’aimais savoir qu’il était là, une frontière, assurée de toute cette vie de l’autre côté, une autre vie, mais sans moi. La Place Sainte-Catherine, c’était sans moi. Les Halles Saint-Géry aussi.

 

Au début, Bruxelles n’était pas ma copine, ça manquait d’eau (j’arrivais de Dublin, où je pouvais nager dans la mer toutes les semaines, j’étais sauvage et recouverte d’une combinaison intégrale, ça aide). C’était une ville du Nord, mais ce n’était pas Dublin. Je n’aimais pas tellement marcher dans la forêt, je tardais à pousser la porte de certains cafés, à passer du temps perdu dans les endroits publics, à sortir de mes rues qui basculent, et à voir quiconque d’autres que des visiteurs de passage. Je ne connaissais aucun bruxellois, ni de naissance, ni d’adoption, et quand je finissais par rencontrer d’autres habitants, ils déployaient l’exotique pedigree de l’eurocrate parfait : les Pays Baltes, la Russie, le Royaume-Uni, l’Espagne, etc. Bruxelles était assurément peuplée d’un peu de tout d’un peu partout, mais pas de bruxellois. Bruxelles était un port, d’où je décollais, au moins une fois par mois, je décollais. J’atterrissais. Avant de redécoller. Jusqu’à ce que je commence à rouler en voiture.

 

J’avais bien quelques habitudes à pieds, en tram, et même en métro, mais restreintes. Au début, je n’osais pas encore grand-chose. J’avais un peu peur de me perdre dans les tunnels, ou de me faire percuter sur la droite au premier, deuxième, troisième, à tous les carrefours. Mais assez vite, probablement un matin dans le bois, le grand frisson, j’avais un volant entre les mains, et des pédales sous les pieds, ça pouvait me mener assez loin, assez vite. La ville pouvait se révéler. (Ou moi, c’était plutôt moi, qui faisais mon coming out). Quelque chose se passait, entre nous, là, dans la voiture. L’adhésion, qui montait, en même temps que l’aiguille du compteur (je garde un souvenir ému des premières contraventions reçues ces mois-là…) Une fois lancée, plus j’en voyais, plus je me risquais, de Woluwe à Etterbeek, en passant par Koekelberg, pour me finir à Linkebeek. En voiture, je passais d’un côté à l’autre, je rentrais, je sortais, j’osais toutes les accélérations  vers Anderlecht, je pilais consciencieusement à chaque carrefour de la Chaussée de Waterloo, pour descendre gare du midi, devenue une conductrice hors pair, à donf, les pieds en cadence, accélère, décélère, un peu vache et rageuse, bien lancée dans les tunnels.

 

J’ai tourné autour de la place Flagey les vendredis soirs, attendant ma place près des étangs, (au début de l’avenue du Général de Gaulle), j’ai tenté les créneaux les plus fous, entre deux trams, sur des pavés trempés, en côte, à cheval sur un trottoir, les warnings en berne parce que c’est illégal, (concernant les warnings, je suis toujours restée très correcte.) Et j’ai fini par tendre le poing, le juron au coin des lèvres, vers la camionnette polonaise, le SUV corps diplomatique, ou le coupé-cabriolet d’Uccle, qui me barrait ou à qui je barrais la route abusivement.

 

Alors, c’est vrai, j’ai pris mon temps pour que quelque chose d’un peu plus constructif qu’un vague sentiment d’avoir échoué là pour quelques années, deux, trois, maximum cinq, se transforme en envie de plus, en attachement progressif, en contrat à durée indéterminée. Mais ça valait le coup. La bagnole, donnez-moi une bagnole, et je deviens bruxelloise sur le champ.

 

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Interlude publicitaire : Les frites bruxelloises07.01.12

Touriste européen, tu ne sais pas quoi faire entre ton séjour à Paris et à Londres ? Nous te proposons de venir goûter nos frites belges… Ce magnifique spot ne peut que te convaincre !

Pour les autres, trouvez la recette pour faire de bonnes frites…

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Ô! Rage (de dent) ! Ô ! Des Espoirs (de bien vite refaire la fête)….24.11.11

Dernière semaine d’un mois de novembre qui m’a vue (Ô cruel souvenir de ma gloire passée) :

- faire bronzette en bikini au bord d’une piscine,
- la soirée de ma vie à Molenbeek
- vivre un instant de révolution artisctico-chaotique dans un hôtel

Et… même, parvenir à entamer une relation longue durée…  Oui, bon d’accord, c’est avec mon dentiste.

A raison d’une fois par semaine pendant quelques semaines. Rien de bien romantique, rien de fantasmant. J’ai une rage de dent. (N’ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ?)

Mais, même dans ma douleur, j’ai une mission : te faire sortir (grâce à Mon bras, qui tant de fois a sauvé cet empire). Toi, ta tante, ton fiston et ton voisin. Ensemble ou séparément. Quelle que soit ta tribu ou ton âge.

Alors, j’avale illico presto un D***algan et je me lance dans un programme dont j’ai des grands espoirs (pour ma santé mentale) de pouvoir profiter également !
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Passons aux choses sérieuses17.11.11

Cela fait quelques mois que j’ai commencé cette rubrique, afin d’inciter tous les oiseaux de la ville à sortir, jour et nuit, dans les meilleurs endroits de Bruxelles.

Et cela n’a pas raté, la sauce semble avoir bien pris, puisque ces dernières semaines toutes les soirées où je me rends ont un succès fou. Me voilà à présent convaincue que ma plume fait bouger les foules.

Du coup, face à mon succès phénoménal, intercommunal, qui touchera très bientôt les provinces environnantes, l’être humain, que je continue à être malgré mon égo surdimentionné, reste rempli de doutes et réalise que le succès ne va pas sans un certain sens des responsabilités…

J’ai donc un message pour toi, lecteur, qui a fait de moi le monstre que je suis devenue, avec cette grosse tête et ce dikke nek peu élégant et qui m’empêcherait d’enfiler mes robes préférées si ce n’était pas des modèles bien décolletés.

Concentre-toi, la nouvelle est incroyable : il y a des problèmes dans le monde. Il fallait que tu le saches afin de lutter.

T’as compris, c’est fini de rigoler. Cette semaine on passe aux choses sérieuses et on combat toutes les injustices, les maladies, les intolérances.

Oui, on fait tout ça cette semaine, parce que tu sais très bien que les résolutions sont bien plus légères qu’une plume d’oiseau dans le vent…

Jeudi 17 novembre 2011

Les Libertés

Commençons par un combat fourre-tout, comme ça si t’es déjà crevé après cette soirée, tu peux rentrer la conscience tranquille….

Les libertés ? Un fléau à combattre à tout prix, et pour cela on utilisera tous les moyens, légaux ou pas, afin d’empêcher le monde de tourner en rond.
Ce serait quand même mieux s’il allait droit au mur, non ?
Festival des Libertés, du 17 au 26 novembre, dans divers lieux : conférences, concerts, films, théâtre.

N’y voit aucune ironie de ma part, si le même jour je t’invite à te rendre à la Nocturne au Musée de la Police, à Etterbeek, simple coïncidence de l’agenda.

Mais puisque je parle de la police, cela me fait penser à la conférence Enjeux de la guerre contre le narcotrafic au Mexique, à la Maison de l’Amérique latine. Il est important que les oiseaux les plus stupéfiants de la vie nocturne bruxelloise comprennent pourquoi il n’est pas simple de trouver leurs denrées préférées à un prix raisonnable.

Pour finir, allons au Fonograf qui a la bonne idée d’organiser une Jam Jazz et invite des étudiants néerlandophones et francophones à jouer dans le même lieu. Il semblerait que certains ont enfin compris que la musique a un langage bien à elle, en-dehors de tout clivage communautaire….

Vendredi 18 novembre 2011

Le Cancer de la Prostate

Je sais, écrit comme ça, le combat du jour ne semble pas sexy. Et pourtant, c’est la proposition la plus chaude que j’ai pu faire jusqu’ici, de mémoire d’agenda hebdomadaire !

Je laisse Mateusz t’expliquer pourquoi les hommes se laissent pousser la moustache durant ce mois de novembre. Moi, tu le sais, je suis une fille, j’ai d’autres moyens de persuasion….

Alors ? Tu hésites encore à te faire pousser la moustache ? Les femmes savent parler, n’est-ce pas ?

Ah… les voix de ces femmes avec de si belles promesses…. Bien que cela ne soit pas le même genre de promesse que tu trouveras au Festival Voix de Femmes, à l’Espace Senghor à partir d’aujourd’hui, je t’invite à t’y rendre, pour voir des femmes, les écouter, découvrir leur combat, leurs oeuvres, ….

Le même jour, il y a une rencontre littéraire autour de Marzi à la Maison du livre, paraît que tout le monde, quel que soit son âge, aime Marzi !
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Souvenirs Agités d’une Belle Epoque de Nuits Ailleurs03.11.11

Cette semaine est un peu spéciale pour moi. Sache, en effet, qu’avant d’être l’oiseau de nuit que je suis aujourd’hui, je jouais surtout les filles de l’air : toujours entre deux avions, deux continents, deux voyages…

Je n’aimais pas tellement Bruxelles, et je profitais du moindre de mes week-ends pour aller voir la façon dont le monde s’amusait plus et mieux qu’ici. La chose était facile, vu que je travaillais pour une compagnie aérienne et que je bénéficiais de billets à prix ridiculement bas.

A défaut d’aimer Bruxelles, j’adorais l’aéroport : étrange lieu hors du temps et de l’espace où l’on croise, chaque jour, la destinée de milliers de personnes du monde entier… Dans ma besace, à la fin de chaque service, j’avais mon lot d’histoires drôles ou dramatiques à raconter à qui aurait voulu m’écouter.

Dix ans après la fin de cette aventure passionnante, force est de constater que jusqu’à présent, la Sabena est restée “l’employeur de ma vie” : aucune autre société n’a réussi à me garder aussi longtemps qu’elle ni ne m’a procuré autant les papillons sur le chemin du travail….

Depuis, j’ai obtenu un diplôme universitaire, j’ai fait mille et un boulots très différents les uns des autres et fait d’autres voyages…

Le plus important est quand même la décision que j’’avais prise, bien avant la faillite, de regarder Bruxelles dans les yeux et de l’aimer vraiment ou de la quitter pour toujours.

Alors, lecteur de mon coeur, j’espère que tu ne m’en voudras pas de t’embarquer vers le programme de cette semaine tout en voyageant dans mes souvenirs….

(Les souvenirs sont en italiques si tu veux zapper… )

Jeudi 3 novembre 2011 

Retour de Zanzibar

La première chose que l’on apprend quand on bosse pour une compagnie aérienne, c’est comment se démerder pour arriver à l’heure au boulot.

Tu es à des milliers de kilomètres et à peu près quatre avions bondés te séparent du début de ton service. T’as un billet gratuit, mais tu ne montes que s’il y a de la place dans l’avion..

Dans ces cas-là, ta mission  est de te rapprocher un maximum du lieu de destination.

C’est ainsi que, pour mon retour de Zanzibar, ne pouvant prendre de vol depuis l’île, j’ai pris un bateau vers 20 heures, pour une courte traversée, mais avec interdiction d’en sortir avant 6 heures du matin. Ce qui me laissait juste le temps de traverser Dar Es Salaam, et me retrouver sans encombre dans un avion vers Zurich.

Heureusement car la nuit dans le bateau m’avait fatiguée…

Arrivée à Zurich, le dernier vol direct vers Bruxelles est “overbooké”. Il me faut donc courir jusqu’à l’avion pour Paris, monter dedans in extremis, traverser la ville, trouver un train de nuit puis courir jusqu’à mon domicile enfiler mon uniforme.

Pour finalement me retrouver bien à l’heure à mon service, souriante et détendue, comme si je n’avais jamais vu le documentaire sur les épices à Zanzibar et que je ne venais pas de passer une semaine à aller les goûter sur place….

C’est sûr que ce type d’impulsions me manque parfois…..  

En mal d’exotisme, je serais tentée de plonger dans les sonorités brésiliennes dans le cadre du Brasil.bar, un peu partout à Bruxelles jusqu’au 6 novembre. Le programme est alléchant !

Si c’est l’Afrique qui te tente,  il y a un concert d’un groupe éthiopien, Arat Kilo à l’Atelier 210, suivi de la soirée Afro Heat. Si mes épices t’ont mis l’eau à la bouche, tu pourrais dîner au Kokob, fameux restaurant éthiopien au centre de Bruxelles, qui accueille ce soir Daniel Joesen en concert.

C’est vrai, cela paraît moins aventureux que mon retour de Zanzibar, mais tu auras le confort de rentrer chez toi passer une bonne nuit !
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Taxi Bruxelles28.01.11

Nous avons tous pris le taxi à Bruxelles. Dans mon cas, c’est généralement en fin de soirée, quand la STIB fait dodo et que j’ai trop bu pour prendre un Villo (quoi que). Bref. Quand je suis désespéré.

Nous avons tous nos anecdotes, nos petits coups de gueule. Je vous propose de les raconter ici, en commentaires.

Trois petites anecdotes de ma part:

Anecdote #1:

Un jour j’ai acheté un écran plat qui se trouvait dans une boite pas trop volumineuse. Je suis à la sortie du magasin. Je téléphone pour un taxi et on me demande si j’ai “acheté quelque chose” et “quoi”. On me dit que “des règles de la communauté” (pardon, communauté?!) interdisent “le transport de boites”, qu’il faut un taxi colli pour ca. Je suis méfiant. Je raccroche. J’arrête un taxi sur la route: il ne peut pas m’aider, c’est un taxi de l’aéroport, 3x plus cher, mais lui me dit que cette règle n’existe pas. J’appelle une autre société de taxis, j’explique, on ne me fais pas de problème: “ah mais si ca rentre ca rentre hein monsieur”. Je ne vais pas citer le nom de la première société de taxis ni leur couleur écolo, mais je les ai rayé de mon téléphone.

Anecdote #2:

Un jour je reviens d’une mission photo en Flandre. Ayant peur pour mon matériel je décide de prendre un taxi jusque chez moi plutot que de faire le trajet à pied depuis la Gare du Nord. Lorsque je donne mon adresse à un taxi qui fait la papotte à ses collègues, celui-ci me dit “pfff c’est pas loin ca” et dit qu’il ne fera pas la course, j’insiste un peu et il devient vulgaire. Ses collègues: idem. Pourtant, j’habite à facilement 1,5 km de la gare. C’est pas que ce n’est pas rentable.

Anecdote #3:

Un jour je monte dans un taxi à la Gare du Nord pour rentrer chez moi. Le chauffeur fait infraction sur infraction: téléphone lors de la conduite, bruler feu rouge sur feu rouge, exces de vitesses inutiles, aggressivité,… Arrivé chez moi, il me dit “ca fera 12 euros, sans pourboire”. Pardon? Je lui donne un billet de 20 euros, il me dit qu’il ne peut pas me faire la monnaie. Il m’emmène, sans que je dise quoi que ce soit, devant un snack un peu plus loin. “Va me chercher un coca”. Euh, et le “steuplé” c’est en option ? Je dois de toute façon lui faire la monnaie mais il y a quand-même d’autres manières de parler aux gens. Entre temps il laisse son compteur tourner. Je suis fatigué. J’ai bu. Je me laisse faire. Il ne me droppe même pas devant chez moi. En tout cas, son pourboire, il ne l’aura pas eu. Comme tous les autres taxis.

Et plus j’y réflechis, plus les anécdotes me reviennent, comme ce chauffeur de taxi qui pendant toute la course était en train de s’arranger un plan cul, sans gène, devant ses passagers. Ou encore lui avec ses écrans. Etc. Etc. Et vous?

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