les boules, la moule et les frites

Archive pour la catégorie ‘Baisse la tête’

La crise du disque… bleu31.01.12

 

À :
Rauwers Gestion du Stationnement
Rue Royale Sainte-Marie, 1
B-1030 Bruxelles

Copie :
Commune d’Evere
Service du Stationnement
Square Hoedemaekers, 10
1140 Evere

Bruxelles, le 31 janvier 2012

A l’attention de Madame N. C.

Madame,

 

Objet : Acquittement du billet de stationnement et transmission d’un billet d’humeur gratuit

 

 

Faisant suite au billet de stationnement reçu à Evere le 20/01/2012 11h42 à rue Jacques Ballings, 48 ; à mon courrier de réclamation du 20 janvier 2012 (zone bleue pas signalisée), et à votre réponse du 24/01/2012 (« c’est un règlement Communale »), je vous informe que je prends acte de l’absurde de la situation : ça m’énerve, mais je n’ai pas que ça à faire,  contester, donc je vais payer.

Avant, juste avant, j’aimerais vous écrire une dernière lettre avant l’oubli, pour garder une petite trace de ce minuscule (quoique rageant) moment de ma vie de citoyenne : la sanction tarifée !

… Bruxelles, il y a… Cinq ans. On peut rêver, à tout ce qu’on a fait ou pas, en cinq ans. À nos folies en voiture, notre relative insouciance, posons-nous, là, ici, quelque part, avant la recrudescence des véhicules automobiles, avant les sociétés de recouvrement de billets de stationnement, avant vous, et un peu avant moi : je ne conduisais pas tellement, en ce temps-là…

Mais c’était un bon temps, et ce matin, au moment de virer la somme de 22,00 € sur le compte de votre société, j’aurais une pensée émue pour la ville dans laquelle nous habitions, il n’y a pas si longtemps, nous autres, automobilistes inconséquents, pas encore concernés par les disques bleus, et toutes leurs subtilités, les rétributions, et toutes leurs justifications…

Comme nous étions peu préparés à ça, à cette légère, ça a commencé par une rue ou deux, une zone ou deux, sous prétexte de réels problèmes de stationnement, dans des quartiers trop fréquentés ; sous prétexte de faire place les uns aux autres, aux voitures des uns ou des autres, deux heures maximum, qu’on ne s’éternise pas, ou qu’on paie, ou qu’on tourne les disques, on saurait bien s’organiser, on a su, fait de notre mieux, et on continuera, toujours un peu largués, pas à l’abri du porte-monnaie sans monnaie, de l’instant d’inattention, ou de la méconnaissance de toute l’attention requise : automobiliste, ouvre l’œil et le bon, tu es peut-être déjà dans une zone à risque… euh, à disque.

Et puis, et puis, une fois le processus, enclenché, c’était sans doute impossible de s’en tenir, à quelques rues, quelques communes, parce que tout ça allait finir par déborder, si on laissait une rue de côté, elle risquait l’envahissement de tous les hurluberlus, (non mais les gens ont de ces stratégies de rébellion, parfois !) qui ne veulent ni payer ni tourner, ou qui tout simplement n’ont pas le choix (bon dieu, c’est pas simple de courir à sa voiture toutes les deux heures… quand on travaille). Alors, les communes ont zoné, un peu partout, pas tout à fait, mais presque, on n’avait qu’à se débrouiller, et vivre avec un chronomètre dans le ventre (ou dans la tête), un peu partout, même dans des rues relativement peu encombrées, peu signalisées… avec des équipes de choc pour contrôler tout ça, et des petits papiers, et des dossiers, et des amendes de plus en plus salées (c’était pas 15,00 €, l’année dernière ?) et des horaires de plus en plus décalés (jusqu’à 20h30, dans les quartiers où les gens seraient susceptibles de sortir un peu, donc de mettre la dernière pièce avant de s’amuser.)

Ah oui, on en a eu, du bon temps, et on en aura encore, sans doute, malgré tout. Et puis, si on n’est pas content, on n’a qu’à marcher un peu, ou prendre le tram, le métro, le bus, rouler à bicyclette, faire du co-voiturage, non ? Ou s’amuser à lire ça et ça : A interpréter dans toutes les positions. Ça nous tiendra en haleine avant la prochaine infraction, c’est sûr.

J’adresse copie de la présente au service de stationnement de la Commune d’Evere. Je n’ai pas reçu de réponse à ma précédente lettre, et je ne me souviens plus du nom du Monsieur qui m’a gentiment conseillé de payer, et non, on ne peut pas faire de réclamation, c’est bête mais c’est comme ça, que j’ai eu au téléphone ce matin.

Bien à vous.

Aliette Griz

Publié sous Baisse la tête, Coups de gueule, Evere, Mobilitéavec 6 commentaires →

C’est la merde…26.11.11

Ma copine Aliette Griz suit un peu trop à la lettre notre rubrique “Lève la tête“… Du coup, elle fait face à quelques emmerdements et elle a envoyé un courrier au Bourgemestre d’Ixelles (qui n’a jamais répondu)….En voici une version légèrement modifiée pour les lecteurs de Bxlblog….

Cher tous,

Un landau-cobaye – diversion avant le gros morceau

J’étais en train de marcher dans la rue l’autre jour, je marche souvent dans la rue avec mon landau, je promène mon bébé tous les jours. Les roues avant sont lisses. À l’arrière, les roues sont crantées, elles ont une très bonne tenue de trottoir, c’est un landau réputé pour sa maniabilité. Des roues antidérapantes, avec des pneus qui laissent une marque régulière dans l’eau de pluie, (j’ai même déjà roulé sur la neige, en admirant l’adaptabilité de l’engin). Cette poussette est vraiment conçue pour la ville. Les ingénieurs ont fait un remarquable travail de conciliation des fonctions les plus complémentaires : la promenade, le design, le faible encombrement. Elle a été conçue pour faire face à toutes les situations.

Toutes sauf Une.

On peut être citadine et aimer prendre l’air, regarder le ciel. Chaque jour, je longe des rues je traverse le parc, je remonte par le trottoir de droite, (probablement la section la plus dangereuse.) Je croise d’autres landaus, d’autres hommes ou femmes, seuls. Ixelles est une commune multiculturelle. Il y a des belges et des expatriés, des jeunes et des moins jeunes, des chiens et des chats. Sans compter les perruches et les pigeons. Il y a aussi des gens installés sur des bancs, avec leurs chiens en laisse. Les chiens qui se promènent, comme tout le monde.

La vie collective, c’est quoi ?

Quand je me suis installée dans le quartier, on m’a dit que c’étaient les plus belles rues, tu vas voir, quel quartier.

Les perruches de la place Guy d’Arezzo. Je pousse parfois jusqu’à l’avenue Lepoutre, je remonte vers la place Brugmann. Il y a des arbres tout le long de l’avenue Lepoutre, je suis toujours tentée de lever la tête, vers les feuillages, le ciel à travers les feuillages, les façades des hôtels particuliers, mais il ne faut pas.

Parce que que, partout, sur le trottoir, mes yeux de lynx balaient le trottoir, mes yeux de lynx scannent le moindre monticule et je les évite. J’essaie de les éviter. Le landau-cobaye va-t-il les éviter ? Le plus souvent, non. Le landau-cobaye les attire (les ingénieurs ont pensé à tout, sauf à ça. On peut penser à tout, mais oublier un léger détail qui pue.)

Ce n’est pas toujours possible d’être un lynx quand on pousse un landau dans la ville. Je rentre chez moi et c’est l’heure de vérité, je regrette d’avoir levé la tête.
(Lire la suite…)

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Baisse la tête (1)23.05.09

Où sommes-nous ? Chez Alice au Pays des Merveilles ou…. ?

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