« Bruxelles je t’aime », mais je te quitte

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Grand-Place (c) Philippe Schoepen
Grande ville, Grand-Place. Mais Bruxelles c'est tant d'autre choses et souvenirs !

Bruxelles, je t’aime. Car j’aime une femme et vais vivre avec elle, dans une autre capitale. Ce sera mon dernier article sur bxl.blog. Tu ne m’en veux pas, dis ?

Grand-Place (c) Philippe Schoepen
Grande ville, Grand-Place. Mais Bruxelles c’est tant d’autre choses et de souvenirs !

De capitale à capitale

Par amour, je quitte ma ville dans laquelle j’ai vécu de ma naissance à mes 58 ans, pour vivre, sans doute, le dernier tiers de ma vie à Namur, que l’on dit ville de l’Amour.

Pour mes dernières lignes ici, je fais le tour des quartiers que j’ai tant aimés et arpentés.

Séquence nostalgie avec quelques sautes d’humeur, vous me pardonnerez, c’est aussi un moment d’émotions.

Saint-Gilles, les koolkappers aux cheveux courts

Saint-Gilles, la ville de mes premières années, entre 0 et 23 ans. La seule entorse fut la clinique Saint-Elizabeth qui me vit naitre, à Uccle.

La commune de Chaaaaarel Picqué, pour moi, c’est son haut. Ou son bas, tout dépend dans quel sens on la considère.

A l’époque, ces quartiers sont animés, toutes les langues du monde s’y mélangent. La gentryfication n’existe pas encore et les bobos sont Ucclois.

Je joue dans le quartier populaire de l’avenue Jean Volders avec des Espagnoles, des Grecs, des Italiens, il y a déjà des Français aussi. Et parmi les premières générations des pays du Maghreb.

Vitrine magasin Boite à disques avenue JEan Volders 22 dans les années 80
Vitrine magasin Boite à disques avenue JEan Volders 22 dans les années 80

Ma maman tient un magasin de disques, la Boite à disques, au 22 de l’avenue Jean Volders. Qui a connu ? A 50 mètres de l’actuelle Porteuse d’eau, pour les soiffards parmi vous !

Bruxelles-centre, les artères phares de la Capitale

Entre Lemonnier et la place De Brouckère chère au grand Jacques, ma vie de jeune étudiant puis de jeune travailleur démarre.

L’Institut Cooremans (futur Francisco Ferrer) qui loua des classes au Palais du Midi et dans ce qui est maintenant la Bibliothèque artistique de la Ville de Bruxelles, m’accueillit, après mes désillusions universitaires et la mort soudaine de mon père.

Bruxelles-ville, c’est la vie en solo, les sorties entre copains, les premières copines, les soirées au Sud (500 BEF la bouteille de vodka citron), les virées vinyles chez Pêle-Mêle (ancienne version) et toutes les autres échoppes musicales.

Le centre-ville, c’est les cultures bigarrées par quartier. Le Fontainas, le Saint-Géry, le Lemonnier, le Grand-Place, ses touristes, son Falstaff qui renait toutes les décennies, sa rue des Pittas et ses frites mayo Maus. On se mélange, mais pas trop.

De belles années pour moi, en dépit des tracasseries comme ces deux vols dans ma petite voiture que j’aimais tant, une tentative de home jacking, la drogue partout et les dealers à chaque coin de rue de prostitué(e)s.

Bref. C’était bien.

Puis vint 2016.

Sur les murs de la Bourse, Bruxelles je t'aime
Sur les murs de la Bourse, message d’amour et non de haine

Avenue Louise : job, job, job

Retour en 1989. Changement de décor, place au luxe et à l’argent qui doit rentrer pour payer mes distractions.

Je suis aide-comptable chez un courtier d’assurances, entre magasins de luxe et plaisirs gourmands (aaaaah, cet américain maison sur une baguette chaude !!! 80 BEF à l’époque quand même, juste derrière la Place Stéphanie).

Rendez-vous amoureux avec une future hôtesse d’accueil rencontrée à la Doudingue (hmm, déjà, je m’exilais…) au coeur des Galeries Louise.

Soirée réveillon dans cette discothèque, l’Arlequin ? Quelqu’un peut vérifier ?

Nouveau taf, toujours dans le monde financier, pour le Foyer Belge, déjà racheté par la Royale Belge.

Ce géant de l’assurance fut un empereur de la rue Royale avant de déménager, 22 ans avant mon arrivée, au boulevard du Souverain.

Ik doe sport, je fais du sport

Mon Bruxelles sportif à moi passa par toutes les communes. Les trois 20 kil de Bruxelles au début des nineties.

Du bowling Crosly près du Sablon au bowling Crosly 2 dans le quartier nord (transformé en parking, apparemment).

En passant par la pétanque (ne pas rire) et surtout le tennis qui occupa ma vie de joueur de club pendant de nombreuses années. Je connaissais à fond les adresses des clubs de la petite balle jaune.

D’abord Forest-Domaine, accessible en bus 48 ; celui d’Uccle Calevoet, dans un écrin magnifique, que je rejoignais en tram 55. Rendez-vous compte. Le club de tennis communal de Saint-Gilles à Pede. Près d’une heure en tram pour y arriver !

Celui d’Anderlecht aussi, dans lequel j?ai joué une dernière heure avant qu’il ne devienne possession du RSCA.

Ensuite, le club familial du Logis à Watermael, et surtout le Tennisol, club appartenant à Solvay et dont les terrains sont aujourd?hui à l’abandon. Après permis de construire refusé, COVID.Tristesse.

Boitsfort et Auderghem

Je déménageais professionnellement vers le Sud-Est de Bruxelles en même temps que je rencontrais ma future épouse, sur le sol de Didier Gosuin et au début du mandat de Martine Payfa.

Le COVID à Auderghem
Une de mes photos qui entraina des dizaine de réactions, souvent racistes et pour laquelle l’échevine des classes moyennes d’Auderghem dut intervenir.

25 ans au service d’AXA Belgium et encore plus dans notre petite maison du quartier Pinoy. Je deviens papa aimant X 2.

Souvenirs de :

  • taxi-école-papa-tu-me-déposes ;
  • brocante un dimanche par mois ;
  • balade seul ou en groupe dans le poumon vert aka la forêt de Soignes ;
  • mes activités de citoyen au profit du quartier Pinoy ou de militant très actif pour le mouvement Pas Question (mille excuses aux habitants des Woluwé).

Et enfin Watermael

Jardin Gratès
Mon si joli jardin à dix mètres du futur RER lol

La vie ne m’épargne pas en 2021, mais je dois passer par certaines étapes, dont celle de la séparation.

Je songe revenir habiter seul dans le centre-ville, mais je m’y sens désormais étranger, et trop âgé.

Je reste dans le sillon de ma famille et trouve un appartement à l’ancienne quoiqu’accueillant dans la rue de l’Espace Delvaux.

Mes recherches dans cette partie de Bruxelles m’ont amené à ce calcul. Pour être à l’aise, il faut compter 20 euros le mètre carré en location. Ici, je paie 40 % de moins.

Papy le propriétaire n’est pas un usurier. Je plains en revanche les jeunes couples qui souhaitent rester dowtown.

François, mon p'tit coiffeur masqué de Watermael
François, mon p’tit coiffeur masqué de Watermael. 17 euros la coupe simple !

Ma vie à Bruxelles en 2021, ce fut la découverte de mon quartier, les balades près de l’étang des Enfants noyés (brrrrr) et les petits commerces dans la Galerie Keym (qui semble échapper au temps).

En vedette, Mel la diététicienne, François le coiffeur ou le maga Sequoia bien achalandé mais lourd pour mon portefeuille.

Voilà, bye bye les amis. Merci de m’avoir lu !

Merci aussi à Mateusz pour l’accueil, Baudouin, Viviane, Andrea et Zoltan !

Continuez de si bien parler de Bruxelles, sans (ou avec ?) détours. Comme le fit Dick, en 1974.

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