La « première » du Chantier des gosses

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Au Nova ce 9 janvier il y avait des rires, de la zwanze, les caméras d?Arte, Jean Harlez le réalisateur, sa femme et dialoguiste Marcelle Dumont, Jean Piette le sorteur, acteur, une ribambelle de marolliens et bruxellois, des cinéphiles, de la Cantillon et du coco.

C?était la « première » d?un film des années 50 sonorisé et projeté une fois en 1970 et tombé depuis dans l?oubli. Le voilà ressorti en copie neuve sous-titrée néerlandais, anglais par le Nova

Film malaimé, tourné sans le sous et sans son avant l?avènement du modernisme de la bruxellisation et sonorisé sur le tard, au début des années 70, le Chantier des gosses est un film néoréaliste bruxellois qui se laisse apprécier.

Des mômes, un terrain vague, des bâtisseurs/promoteurs/architectes qui les en chassent, de l?innocence, de la malice (ça pisse sur les flics) et des images d?un paysage urbain et social disparu; voilà ce qui compose le spectacle.

Dès les premières images les « C?est moi ! » ponctués de rires fusent dans la salle.

Peu diffusé, nombreux sont ceux qui sont venus se voir sur grand écran, 60 ans après.

Bricolé, lipping pas raccord, très libre, avec un humour bon enfant, le Chantier des gosses et ses 76 minutes jouent plus sur la nostalgie d?une innocence enfantine, d?un monde lointain (le volume de cigarettes fumées par les enfants ne se conçoit plus aujourd?hui, on a entendu des « on croirait un joint !« ) que sur un scénario captivant, mais il est un document intéressant et unique sur une époque, une manière d?être bruxellois qui semble aujourd?hui surannée.

Tourné sur plusieurs années, principalement dans les décombres laissées par la chute d?un V1 en 1944 et sur les chantiers des buildings qui poussaient à l?approche de l?Expo 58, le film plonge dans les arrière-cours, les passages tortueux, les cuisines et lieux de vie chiches et insalubres. On est pas loin d?Henry Storck, la zwanze en plus.

Le film est à l?affiche durant 7 semaines, avec un kyrielle de film sur Bruxelles, l?urbanisme, la ville,? prenez le temps d?aller le voir, c?est 5?.

Ailleurs : Chroniques Agenda et RTBF

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