F-sharp's not dead. Le Jazz non plus

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Si tu lis avec la régularité du disciple mon agenda, que je partage tous les jeudis sur ce blog, tu sais déjà que le dimanche, c'est mon petit moment jazzy, à moi presque toute seule.
J'aime terminer le week-end en allant voir des musiciens jouer en live dans l'un ou l'autre des nombreux cafés bruxellois qui me le permettent. Seule ou accompagnée, peu importe, j'y vais.
Le dimanche étant un jour de repos biblique, par respect pour cette obligation importante, je ne me déplace pas bien loin : la Jazzette du Bar du Marché à Flagey (un dimanche sur deux) fait largement l'affaire.

Le Bar du Marché, certains adorent, d'autres détestent, et beaucoup adorent détester. Pour ma part, je te dirai que, comme à peu près tous les endroits de notre ville, ça dépend du jour et ça dépend de l'heure, et ça peut dépendre de la météo également.

Le dimanche vers 17h, quelques habitués du BDM et quelques amoureux du jazz se réunissent et l'ambiance est au rendez-vous. C'est calme, chill, tranquille…. Si tu es seul et que tu ne connais personne, installe-toi au bar, fais la papote avec Farhang qui te servira tes boissons et quelques mots drôles, histoire que tu te sentes bien. Note que le brouhaha ne se calme pas, même si les musiciens jouent. C'est un challenge pour eux, prends quand même la peine de les applaudir à la fin de chaque morceau, ça leur fera plaisir !

Les styles joués sont variés : de la soul, de la bossa nova, du jazz s'inspirant du tango. Parfois il y a un chanteur ou une chanteuse. Parmi les groupes qui sont déjà venus s'y produire : on a vu des débutants, mais aussi des musiciens très connus et talentueux, avec quelques années de carrière, de nombreux concerts, festivals et albums derrière eux !

Pas très loin, il y a bien les dimanches de jazz au Belga, mais encore une fois, jour et heure ont leur importance ! Le Belga j'adore en semaine, pendant les heures où la foule travaille : c'est calme et intéressant. J'y rencontre un tas de gens dont le boulot les amène là avec leur ordinateur ou leur rendez-vous pour discuter calmement d'un projet.

Mais le son est trop mauvais et le lieu trop bruyant quand il est pris d'assaut les soirs et les week-ends par les familles et tous les bavards qui viennent parfois de loin pour (s')y poser. Donc le jazz au Belga, c'est insupportable. Dans mon esprit, cette option n'existe pas.

D'autres endroits dans la ville sont le repaire des jazzeux du dimanche : je peux citer le Roskam, dans la rue de Flandres ou l'Archiduc, rue Antoine Dansaert. On peut y aller comme les croyants vont à la messe : même lieu, même heure chaque semaine. Il est parfois reposant de ne pas avoir à consulter un agenda et de compter sur ces événements récurrents.

Et puis, malgré ma passion pour cette musique et le fait que je scrute tout ce qui se fait dans notre ville, je fais encore des découvertes !

Certes, un musicien m'en avait parlé il y a un an ou deux, mais le nom m'avait échappé et impossible de retomber sur l'information.

Jusqu'à ce mois de février.

Je te passe les détails de mes promenades sur le net, mais je suis enfin tombée sur le site des organisateurs du F-Sharp. Qui précisent qu'ils ne sont pas morts ('F-sharp's not deadâ?).

Tous les dimanches, depuis 2004, ils organisent les Undercover jungle. Un concert de jazz, vers 21 heures, suivi d'une jam jusqu'au bout de la nuit. Le lieu change au gré des saisons…

En 2012, le f-sharp s'est posé à la T.A.G Gallery, à l'entrée du passage Rogier, ce tunnel complètement remis à neuf que tu prends quand tu es Place Rogier et que tu veux aller vers la rue de Brabant.

Je m'y suis rendue dimanche dernier, après la jazzette, laissant derrière mois un Flagey en effervescence entre la soirée de clotûre du Festival Anima et la soirée de remise des Oscars. Il faut savoir s'éloigner de ce qui brille et oser affronter l'inconnu…

Arrivée à la T.A.G Gallery, je n'ai pas été déçue : le lieu m'a plu d'emblée : à l'état brut avec quelques tables, des poufs et même un canapé qui n'attendait que moi, judicieusement bien placé près de la scène.

Le public arrive tranquillement à partir de 21 heures. Parmi eux, on remarque tout de suite la grande proportion de musiciens. Non, je ne les connais pas tous, mais ils sont reconnaissables à leurs instruments qu'ils emportent pour la jam…

Dans l'air une bonne odeur de soupe fraîchement préparé par Léon, un jeune Allemand installé à Bruxelles depuis un mois et qui a trouvé plus rapidement que moi le chemin vers cet endroit !

J'ai un peu discuté avec l'un des organisateurs, Christophe. On sent qu'ils sont passionnés non seulement par la découverte de musique, ce qui les a motivé à se lancer dans cette organisation, mais aussi par la vie en général.

Leur projet est assez simple : l'envie de découvrir ensemble, entre potes, des musiciens et des compositions, souvent originales, voire expérimentales. Et d'ouvrir la porte à toute personne désireuse de partager ce moment avec eux.

Ce type de musique n'a pas forcément les faveurs des autres lieux, trop soumis à la pression commerciale. F-Sharp n'a pas cette vocation. Toute l'équipe est bénévole et le bar, très bon marché, ainsi que le prix libre à l'entrée ne sont là que pour permettre de continuer leur programmation en payant les musiciens et la salle.

Note en passant que Christophe est également artiste peintre, tu ne seras donc pas étonné si je te parle de sa prochaine exposition, ou de l'un des ses autres fascinants projets, le moment venu !

Si tu veux découvrir l'endroit et écouter une musique que tu n'as pas forcément l'occasion d'entendre ailleurs, c'est le lieu. Si tu n'as pas l'habitude d'aller à des concerts de jazz, tu veux peut-être te faire une idée à l'avance, c'est possible via l'écoute sur leur site, qui te donnera une idée des artistes invités.

Mais je t'invite à quand même oser faire le déplacement : rien ne vaut un musicien qui joue à quelques mètres de toi, qui donne son coeur, son énergie et son talent pour te faire passer un bon moment.

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