C’est tramatique 5/5 • 12.06.12
La cinquième fois, que j’ai voulu prendre le tram, je le voyais de loin, il allait s’avancer, déjà un peu en retard, moi aussi, il était temps. Mais un problème, l’aiguillage l’avait dérouté, il n’était pas arrivé pas au bon endroit. Il était stoppé cinquante mètres avant le quai. Personne ne bougeait, l’habitude. Ça finirait bien par s’arranger.
Le conducteur devait faire quelque chose, c’était sûr, et effectivement, il se levait, traversait son tram, pas pressé, aucune précipitation dans ses pas, comme si tout était prévu. C’est pratique un tram il y a un poste de pilotage de chaque côté, mais il faut quand même se décider à s’engager dans un sens. Le conducteur n’avait pas l’air sûr de lui : une fois arrivé, il avait fait demi-tour, et était retourné s’installer dans le poste avant. L’avant, l’arrière, dans un tram… C’est très relatif. Peut-être que le chauffeur hésitait. En tout cas, il passait et repassait d’un poste de pilotage à l’autre, plusieurs fois.
Le tram ne repartait pas.
Sur le quai l’inertie était à son comble, je comprenais mieux les problèmes d’horaires. S’il faut chercher sans cesse vers quelle direction aller, ça complique : “alors, j’y vais ou pas, oui, bientôt, presque, quand je serais prêt.” (simulation du discours interne possible du chauffeur de tram).
