ah non, peut-être ?!

C’est tramatique 4/511.06.12

La quatrième fois que j’ai pris le tram, je sortais de chez moi, après la pose de quatre détecteurs de fumée, le nez dans mon carnet. J’avais pris des habitudes avec ce carnet, des fâcheuses habitudes de raconter ma vie et la vie des hommes que je croisais. Je notais des citations, entre guillemets, comme on me l’avait appris à l’Université, même si les auteurs n’avaient probablement jamais été cités nulle part, il était temps de faire parler d’eux. Par exemple, le monsieur qui avait posé les détecteurs m’avait expliqué les nuances entre détecteur et extincteur, avec une poésie inattendue. Monsieur Détecteur avait un escabeau, et des exemples, il s’appuyait dessus, les cheveux longs, le regard un peu mort, et une barbichette frisée alors que ses cheveux étaient lisses.

 

 

Un détecteur se contente de détecter, mais n’intervient pas sur l’état du sinistre, « la version extincteur est très coûteuse et très puissante, il y en a dans les étoiles, euh dans les hôtels, si on vous chope avec un tournevis en train de les démonter, grâce à la caméra de surveillance, (il y a des caméras de surveillance, partout), ça bardera. »

 

 

Je n’étais pas vandale, ça risquait pas de barder, on discutait sans vraiment s’écouter, monsieur Détecteur avait des certitudes sourdes sur beaucoup de choses, après les avoir posés, (les extincteurs, pas les certitudes) il était parti… J’étais allée prendre le tram.


Pour nous protéger.

(Monsieur Détecteur avait bien insisté.)

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