Au bout du chemin • 28.06.12
Nous sommes à la maison. A quelques minutes ou quelques heures de la sortie. Que nous l’ayons prévue de longue date ou sur un coups de tête, parce que nous avons reçu un coup de fil d’un copain. Ou parce que la journée a été dure ou que le soleil brille. Certains soirs, nous nous sentons en forme avec l’envie de voir du monde, de danser, de boire voire même faire l’amour avec un corps de passage.
Parfois c’est la solitude, la déprime, l’envie de changer quelque chose dans notre vie qui nous donne les coups de pieds au cul pour nous faire sortir de l’étouffante atmosphère de nos appartements.
A d’autres moments, c’est la quête qui nous pousse : nous cherchons le lieu parfait, le club ultime qui résonnerait enfin de cette musique servie par un DJ qui nous sauverait la nuit, à défaut de la vie. Et toujours, nous sommes à la recherche de l’Amour, ou d’un succédané qui en aurait la couleur mais aucunement la saveur…
Certains sont guidés par la chasse : à la recherche d’une proie à sucer jusqu’à la moelle avant de rejeter son coeur un peu plus appauvri, encore plus amoindri. Après s’être sustenté, le chasseur laisse une dépouille sur le pas d’une porte, avant de lui tourner le dos et ne plus y penser, ne plus lui lancer le moindre regard. Et la proie de mourir à petit feu de ce cancer qu’est l’indifférence.
La nuit n’est pas emplie de chats gris, mais de gens extrêmes. Des anges et des monstres coexistent et s’enlacent et s’embrassent dans ses bars et ses clubs. Quand l’ange dégueule d’avoir forcément trop bu, c’est la main d’un monstre qui est tendue pour le retenir avant de mieux le repousser ou le détrousser.
Mais les monstres du dehors ne sont pas toujours aussi effrayants que ceux qui vivent avec certains d’entre nous dans l’intimité de nos foyers et qui nous servent de coups, d’insultes, d’humiliation ou de viols. Pour les victimes de ces monstres-là, la nuit est une couverture sous laquelle se planquer et tenter d’oublier. Oublier des images pires que celles qui illustrent les contes de nos enfances, sacrifiées parfois à la perversité des êtres qui ont pour devoir de nous protéger…
La nuit est remplie de cris et de vociférations. La nuit est un enfer pavé de musique et où coulent des rivières alcoolisées dans lesquelles certains cherchent les perles de mdma ou de lsd.
La nuit a ses professionnels : femmes langoureuses ou jeunes hommes objets qui louent
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