Il y a bien sûr la musique de cette pluie verglacée sur ma fenêtre de toit, au moment où j’écris ces lignes. Elle me fait apprécier la chaleur de mon intérieur, la douceur de mon cocon, le confort de ma maison.
De là à décider que je resterai chez moi les prochains soirs… cela paraît une décision simple, elle est pourtant bien compliquée… D’autres chants, d’autres mélodies m’appellent à travers la ville.
Nous sommes au coeur de l’hiver. C’est ce moment magique où j’affronte le froid, habillée de nombreuses couches, pour rejoindre ce petit coin où des fous, des magiciens, des mélomanes en tous genres s’en donnent à coeur joie.
Il y a toujours un bar dont j’ouvre la porte et au moment où le froid s’y engouffre, me forçant à me dépêcher à y pénétrer, quelques notes s’échappent, appelant le passant qui ne faisait que passer sans bien savoir où aller se réchauffer…
L’hiver nous oblige à la qualité. Il faut que le programme soit bien alléchant pour décider l’Oiseau de nuit le plus endurci à arpenter les rues de la ville.
C’est la saison où l’on va plus rapidement à l’essentiel… il fait trop froid pour se perdre en longues palabres sur le bord d’un trottoir ou entre deux portes. Les conversations sont courtes et rapides.
Je dis que les conversations sont courtes… cela n’inclut pas mon article hebdomadaire, qui semble encore plus long qu’à l’habitude…
Plonge donc dans l’offre de la semaine qui vient et tu oublieras bien vite le froid…
Avec ces quelques rayons de soleil, ce bout de ciel bleu et le fait que c’est le mois de bonnes résolutions auxquelles on se tient pendant encore quelques semaines, tous les organisateurs de la ville sont motivés…
Mon agenda est full jusqu’en mai. Invitation sur invitation sur invitation. La déprime saisonnière de la semaine dernière paraît bien loin. En fait, j’ai tant à faire que je n’ai pas le temps d’écrire cette chronique qui promet d’être longue pourtant….
Il est minuit cinquante, donc techniquement c’est déjà jeudi. Dans quelques heures tu liras ce qui a retenu mon attention pour la semaine à venir.
Jeudi 12 janvier 2012
Avec un peu de chance, si je me dépêche, j’aurai le temps de dormir, de bosser, de me reposer un peu avant de commencer mon jeudi soir par le vernissage de l’expo Sexy Mother Belgium. En plus du titre fort aguicheur, cela se déroule au Micro Musée de la frite, initiative privée (avec chambres d’hôtes) des voisins d’une de mes plus proches amies.Je ne pense pas que j’aurai le temps d’aller voir l’un des Incontournables 2011 à l’ UGC, mais à 3€ la séance ça valait la peine d’être dit (du 11 au 17 janvier).
Ce soir débute le Festival “Sacré(e)s Saint Gillois(e)s/ Saison II” au Centre culturel Jacques Francq (du 12 au 14 janvier 2012) et, parcourant le programme de tous ces groupes “locaux” mais parfaitement inconnus de moi, je tombe sur ce groupe hallucinant d’originalité et de talent, semble-t-il, le Black Light Orchestra
Et très sincèrement, je trouverais plus sympa d’aller les voir que de me presser un peu plus bas dans la rue, au Potemkine où Archive a annoncé qu’ils allaient se poser pour boire un verre (et mixer). Si tu veux un bain de foule, tu sais où te rendre !
C’est une triste nouvelle, relayée par les réseaux sociaux et confirmée sur leur site, que je vous annonce aujourd’hui : l’un des membres fondateurs du Magasin 4, Eric Lemaître, nous a quitté.
Etant une fan incontestée de toute personne qui ose créer un concept afin d’offrir au public bruxellois une expérience différente, je ne peux qu’être attristée par la disparition d’Eric Lemaître (qui était également musicien dans le groupe PPZ30).
Je ne le connaissais pas, mais, à titre d’hommage, c’est l’occasion de parler de ce haut lieu de la scène alternative à Bruxelles, qui existe depuis 1994 !
Situé depuis octobre 2009 en face à Tours & Taxis sur l’Avenue du Port, le nom du club lui vient de sa première adresse un peu plus près de la station de métro Yser : rue du Magasin n°4.
Depuis 18 ans, donc, le Magasin 4 offre à un public avide de découvertes des concerts de groupes venus de tous horizons, plutôt underground, il faut le dire.
Certains de mes proches étant des fans absolus du lieu, il semble que, quel que soit le nombre (parfois très restreint) de personnes présentes dans la salle, l’ambiance y est toujours excellente…
Merci Eric, et tes camarades qui continuent l’aventure sans toi, de nous avoir offert un Bruxelles différent, musical et des souvenirs qui resteront longtemps dans les mémoires de nombreuses personnes.
Salut à toi, L’Artiste des nuits bruxelloises les plus underground….
Bien que ces deux soirées ne concernent pas les mêmes tribus de la nuit, il est intéressant de noter qu’alors que le 4 janvier 2012, Le Libertine Supersport a annoncé la fin de l’organisation des soirées qui animaient le K-Nal tous les samedis soirs ; le 5 janvier 2012, le Bulex annonçait son retour (le 3 mars prochain) ! Chacune de ces nouvelles a reçu son lot de réactions (attristées ou enthousiastes) de la part des adeptes de l’un et l’autre concept.
Je ne sais pas (encore) ce que le Bulex réssuscité donnera. Laissons-les à leur organisation et au challenge de retrouver, sans décevoir, leur public et d’en drainer un nouveau… c’est tout ce que je peux leur souhaiter.
Quant à la fin de la LS, qui faisait bouger une partie de la ville depuis octobre 2009, elle attriste d’autant plus si l’on était un habitué des lieux…
Il est facile de blâmer la “ville”, qui n’aime pas le clubbing ; les “politiques”, qui n’aident pas à la promotion de la vie nocturne ; le “public”, qui est ennuyant ou ennuyeux ; sans oublier la “crise actuelle”. Des tas d’arguments auxquels je ne crois pas vraiment….
Comme les “Dirty” en leur temps, nul doute que ces soirées laisseront dans les mémoires de beaucoup un souvenir et une nostalgie d’un temps qu’ils ne retrouveront jamais. Ceux là iront grossir les rangs des “C’était Mieux Avant”.
Dans l’attente de la prochaine idée de Lorenzo Serra, qui aura très certainement ses adeptes et ses détracteurs et laissera (je l’espère pour lui et tous les oiseaux de sa tribu) de nouveaux beaux souvenirs, il est possible de trouver quelques pistes de sorties via la page “Soirées à Bruxelles” (sur le site de Visit Brussels).
Cela me frappe de constater que je ne parlais (quasi) jamais de la Libertine Supersport dans mon agenda hebdomadaire, qui reprend ma sélection de sorties, expos, concerts de la semaine à venir [D’ailleurs, je pense que je vais vraiment commencer à prendre la grosse tête si toutes les soirées dont je parle ont un succès monstrueux et celles dont je ne parle jamais se cassent la gueule !].
Quand je pense à “Bruxelles by night”: le mot-clé qui me vient à l’esprit c’est “intimité”, suivi de “privé”.
Faire la file devant une soirée ? Cela arrive parfois…. mais la file, c’est bon pour les frites et c’est à peu près la seule chose pour laquelle nous avons de la patience.
Les concerts dans des salons particuliers voient le jour un peu partout. Dès que quelqu’un prononce les mots “soirée privée dans un appartement”, il capte l’intérêt du groupe dans son entier. Certains bars minuscules sont “blindés” jusque sur le trottoir faisant ainsi la richesse de nombreux “Paki du coin”. Bref, le Bruxellois sort, et il sort même plus que jamais puisque cette activité n’est plus réservée à un seul âge de la vie mais concerne toutes les générations…
C’est évidemment compliqué de comprendre ce qu’il aime, ce Bruxellois aux multiples visages. Souvent, il aime les lieux intimes où des musiciens de talent ou un DJ international jouent pour un nombre restreint de personnes. Il n’aime pas trop changer ses habitudes, mais pourra prendra d’assaut un lieu nouvellement ouvert. Il ira dans ce petit recoin quasi inconnu des foules le jeudi soir et se pressera par centaines à la même heure à la même soirée un samedi soir. Il préfère une soirée entre “têtes connues” et voudra se perdre le lendemain dans l’anonymat d’une boîte de nuit.
Flairer l’air du temps, ne pas s’obstiner dans un concept qui ne fonctionne plus, même s’il plaît toujours, parvenir à se remettre en question au bon moment, avant la chute qui risque de faire mal, pour pouvoir se relever, cela semble être la petite stratégie de survie de l’organisateur de soirées…
Le Bulex qui annonce son retour la même semaine que la fin de la LS ? Je vois ça comme un bon présage d’un futur possible pour les soirées LS…
Vivement l’avenir : ce sera mieux qu’avant, tu verras.
Là, c’est le moment de se serrer les coudes et de s’accrocher…. Si tu n’aimes pas l’hiver, tu as peut-être survécu jusqu’ici grâce aux fêtes : des couleurs, des cadeaux, des plats gargantuesques, des décorations kitsh : tous les ingrédients pour t’occuper l’esprit et te faire un peu oublier la déprime saisonnière.
Mais nous voilà au lendemain du Nouvel An, jour le plus déprimant de l’année, et ça devient de plus en plus dur de rester motivé et de voir la vie en rose.
Malgré ce que dit la rumeur populaire, je ne suis pas une superwoman, capable de participer à quinze soirées la même nuit (est-ce parce que je n’ai pas de supers pouvoirs ou parce qu’il n’y a pas quinze chouettes soirées en même temps ? Le mystère reste entier). Tout ça pour dire, que le désordre affectif saisonnier : je n’y échappe pas non plus.
Alors, je te livre mes recettes de circonstances dans l’attente de jours meilleurs : c’est l’époque de l’année où je vais beaucoup au cinéma, histoire de me gaver d’images d’autres pays plus ensoleillés.
Je profite également de toutes les fêtes du calendrier pour célébrer quelque chose et je vais jusqu’à en inventer de nouvelles (ou à améliorer l’invention des autres).
L’agenda bruxellois me paraît beaucoup plus fade qu’en avril ou en mai, certes. Pourtant, il y a des choses à aller voir.
Allez, courage. Commence par lire le programme qui suit, et fixe-toi d’aller à une de ces activités minimum… (et là, je ne sais pas qui, de toi ou de moi, je tente d’encourager).
Il était une fois une gratte-blog Bruxelloise qui, chaque semaine, inlassablement, partageait son agenda avec toute la ville et bien au-delà.
D’article en article, les semaines, les mois, puis les saisons passèrent voyant chaque jeudi la publication d’un texte rempli d’idées.
Un jour, elle se retrouva à la veille d’un interminable week-end de grève, de départs en vacances et de fête religieuse.
Pendant de longues minutes, elle songea qu’elle pouvait faire une pause. Que s’il y avait une semaine où il lui était possible de se passer de publier, cela devait bien être celle-là… Que personne, parmi ses quelques rares lecteurs habituels, ne se rendrait compte de son absence. Cela lui sembla facile à réaliser : ne rien écrire, elle qui, ce week-end en particulier, ne désirait rien faire….
Elle l’envisagea d’autant plus sachant que chacun avait un agenda bien rempli, entre dîner de fin d’année au travail, dîner de famille avec la belle-famille, courses aux cadeaux et rendez-vous chez le coiffeur.
Hélas, elle en était là de ses réflexions, lorsque, soudain un frisson lui remonta l’échine. Elle réalisa que, bien que la plupart des humains de la ville étaient fort occupés et ne prendraient guère le temps de la lire, il se trouvait peut-être une personne, une seule et unique personne, qui du fond de son lit, de son canapé ou de sa chaise de bureau la lirait. Avec, dans le coeur, le secret espoir de remplir la solitude de ce week-end particulier avec une idée, voire même deux, pour que doucement le temps passe jusqu’au prochain lundi matin….
Elle se souvint également que s’il est une période où il faut être charitable avec son prochain, c’est bien en ce temps de “fêtes”….
Elle mit donc de côté son animosité envers le Père Noël et ses alliés et prit sa plus belle plume….