La ville est un Viage • 08.03.10
Depuis l’inauguration en grande pompe du Grand Casino Brussels, on avait guère entendu parler de lui (sauf pour son restaurant spécialisé en viande qui était, parait-il, fort recommandable). Mais voilà, le GCB a fermé ses portes pour rouvrir sous le nom de “Viage” dans les anciennes Galeries Anspach et ce vendredi 5 mars en était l’inauguration. Une entrée plutôt discrète sur le boulevard Anspach et une volée d’escalator vous emporte vers la réception. Premier constat:
- Ça sent encore la peinture
- Ils ne sont pas encore prêts. Il suffit de voir les fils électriques encore à nu et apparemment, il y aurait également d’autres salles (dont une de concert) et un (des?) restaurant qui ouvriront fin avril.
On peut donc se demander pourquoi cette ouverture précipitée et qui ne lève le voile que sur une partie du concept alors que l’ensemble du projet est beaucoup plus conséquent… mais soit! Je vais déposer mon manteau au vestiaire et m’apprête à faire “la file” (si je peux qualifier ainsi l’attroupement devant les comptoirs d’enregistrement, qui est obligatoire). Collée-serrée, il me faudra une heure de patience (merci à tous les autres qui m’ont involontairement fait bien rire en partageant des brides de conversations). Il y a de tout: de l’ingénieur en informatique au chauffeur français. Du cuisinier de resto Viêt-namien à la bourgeoise en fourrure. Mais tous (ou presque) seront sur un point d’égalité lorsqu’ils sortiront de là ce soir: ils seront un peu moins riches. Derrière moi, on cause casinos. Certains sont de sérieux joueurs et parcourent les casinos du coin et d’ailleurs (ah, Namur! Ah, Saint-Amand! Ah, Deauville! Et bien entendu Las Vegas). Il doit bien y avoir une centaine de personnes derrière moi… et seulement 5 hôtesses d’accueil. Certains esprits s’échauffent, d’autres blaguent et enfin, je reçois ma carte de membre… d’un jour! Et oui! Une heure pour une carte qui me servira à rentrer jeter un oeil à l’endroit.
Je passe les grandes draperies qui séparent l’accueil de la salle. Le style est résolument mod/seventies. Une grosse lampe blanche en entonnoir fait changer ses LEDS de couleur, des fauteuils ronds, métallique, recouvert de velour rouge (ou bien en gris) attendent les premiers séants. La salle prinicipale est large… et un peu nue. Contrairement à Végas, on entend pas des glings glings à tout va mais bien… de la musique. Je dégaine mon appareil photo et me demande combien de temps cela va prendre avant de me faire pincer par la sécurité. Des anciennes galleries, il me semble qu’il reste l’escalator qui vous emmène au deuxième étage, déjà nettement plus intéressant. La place belle est faite à la vache à lait des casinos: la machine à sous. Elle sont partout et ont même des petits coins sombres pour jouer discret… et une étrange pièce tendue de tissu vert avec seulement quelques machines…
Passés les jeux, ont arrive devant un grand mur lumineux et le bar-restaurant. Les prix sont un peu élevés (3 euros le verre de vin, 2,50 pour un soft) mais heureusement rien d’excessif. Le menu fait la part belle aux pizzas, bruschette, sandwiches et panini… des trucs rapides à avaler parce qu’il faut entre deux parties. Au bar, des écrans géant diffusent du sport. Ce qui serait bien si l’on pouvait effectivement entendre les commentaires… mais c’est la musique d’ambiance qui sort des baffles!
En redescendant, je m’attarde autour d’une table de roulette, histoire d’humer un peu l’ambiance. Je vois un homme jeter négligemment des liasses de 100 euros avant de quadriller la table de jetons. Ses voisins, un jeune couple, sont un peu plus circonspects mais on l’air amusé des débutants.
Je me décide à quitter l’endroit. J’y revendrai sans doute pour voir le projet une fois complété mais je reste loin d’être convaincue que Viage sera une pièce maîtresse dans la revitalisation du Boulevard Anspach, qui en a pourtant bien besoin!

Ce n’est pas faire preuve d’un sens aigu de l’observation si je vous dis que ces temps-ci, Bruxelles à l’air de se trouver en Sibérie… ou en Scandinavie… alors pourquoi ne pas pousser l’expérience jusqu’au bout et se rendre dans un café suédois? Oui, oui! Un café suédois. C’est depuis la fin de cet été qu’Ulrik, le patron, s’est installé rue Francart, à deux pas du début de la chaussée d’Ixelles. Ma curiosité fut titillée par le concept. De quoi un espresso bar suédois pouvait bien avoir l’air? Je profitais donc d’un samedi après-midi pour m’y rendre. Grossière erreur! En poussant la jolie porte en bois, je découvris le lieu plein à craquer. C’était bon signe mais malheureux pour moi. Je décidais donc de revenir un peu plus tard et trouvais enfin une place. On commande au bar… et deuxième déception, les Kanelbulle, des petites douceurs à la cannelle typiquementnordiques furent raflées en une seule fois par une famille de là-bas. Le café avait intérêt à être bon! Enfin, mon tour vint et je commandais un cappuccino. Mesdemoiselles et Messieurs, il faut absolument rencontrer le maître des lieux! Son sourire vous fera oublier les quelques minutes d’attente qui auront mis à l’épreuve les plus impatients! Ulrik fait son café dans les règles de l’art et son application à correctement verser la mousse de lait par dessus l’espresso en vous faisant un joli dessin est absolument charmante.Maintenant, que vaut la tasse? Eh bien c’est probablement un des meilleurs cafés de la ville. Il s’agit d’un mélange de grains éthiopiens et brésiliens torréfiés par une petite entreprise suédoise. Aromatique et doux à la fois… un délice! Des jus de fruits et des thés sont aussi disponibles, ainsi que deux sortes de sandwiches et tout est bio et/ou issu du commerce équitable.






Midi Station
Appliquons la méthode Coué et parlons de chaleurs torrides, d’ambiances estivales et de glaces. Peut-être que ça fera office d’exorcisme face à l’été incertain qui s’annonce.