C’est la merde… • 26.11.11
Ma copine Aliette Griz suit un peu trop à la lettre notre rubrique “Lève la tête“… Du coup, elle fait face à quelques emmerdements et elle a envoyé un courrier au Bourgemestre d’Ixelles (qui n’a jamais répondu)….En voici une version légèrement modifiée pour les lecteurs de Bxlblog….
Cher tous,
Un landau-cobaye – diversion avant le gros morceau
J’étais en train de marcher dans la rue l’autre jour, je marche souvent dans la rue avec mon landau, je promène mon bébé tous les jours. Les roues avant sont lisses. À l’arrière, les roues sont crantées, elles ont une très bonne tenue de trottoir, c’est un landau réputé pour sa maniabilité. Des roues antidérapantes, avec des pneus qui laissent une marque régulière dans l’eau de pluie, (j’ai même déjà roulé sur la neige, en admirant l’adaptabilité de l’engin). Cette poussette est vraiment conçue pour la ville. Les ingénieurs ont fait un remarquable travail de conciliation des fonctions les plus complémentaires : la promenade, le design, le faible encombrement. Elle a été conçue pour faire face à toutes les situations.
Toutes sauf Une.
On peut être citadine et aimer prendre l’air, regarder le ciel. Chaque jour, je longe des rues je traverse le parc, je remonte par le trottoir de droite, (probablement la section la plus dangereuse.) Je croise d’autres landaus, d’autres hommes ou femmes, seuls. Ixelles est une commune multiculturelle. Il y a des belges et des expatriés, des jeunes et des moins jeunes, des chiens et des chats. Sans compter les perruches et les pigeons. Il y a aussi des gens installés sur des bancs, avec leurs chiens en laisse. Les chiens qui se promènent, comme tout le monde.
La vie collective, c’est quoi ?
Quand je me suis installée dans le quartier, on m’a dit que c’étaient les plus belles rues, tu vas voir, quel quartier.
Les perruches de la place Guy d’Arezzo. Je pousse parfois jusqu’à l’avenue Lepoutre, je remonte vers la place Brugmann. Il y a des arbres tout le long de l’avenue Lepoutre, je suis toujours tentée de lever la tête, vers les feuillages, le ciel à travers les feuillages, les façades des hôtels particuliers, mais il ne faut pas.
Parce que que, partout, sur le trottoir, mes yeux de lynx balaient le trottoir, mes yeux de lynx scannent le moindre monticule et je les évite. J’essaie de les éviter. Le landau-cobaye va-t-il les éviter ? Le plus souvent, non. Le landau-cobaye les attire (les ingénieurs ont pensé à tout, sauf à ça. On peut penser à tout, mais oublier un léger détail qui pue.)
Ce n’est pas toujours possible d’être un lynx quand on pousse un landau dans la ville. Je rentre chez moi et c’est l’heure de vérité, je regrette d’avoir levé la tête.
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